Au Père Lachaise
- Le 14 mai 2007
- Par Philippe
- dans Ambiances
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La mort, cette chose affreuse si difficile à regarder en face…La Renaissance l’a pourtant regardée de très près, nourrissant pour elle un intérêt fortement macabre, l’examinant dans toute son horreur, objet de questionnements nouveaux. La conception chrétienne d’un passage vers l’au-delà ne va plus tout à fait de soi, les découvertes de Galilée notamment, bouleversant l’idée que l’homme se faisait de sa place dans le cosmos, consacrent la naissance d’une conscience humaine plus individualisée qui se met à interroger vivement la mort, à l’envisager comme finitude et, dès lors, à en regarder toute l’abomination. Si le XIXème siècle tend à faire disparaître la mort des représentations, la morgue reste un lieu public de visites où l’on se déplace en famille pour la contempler. Depuis, elle n’a cessé de s’effacer davantage, la baisse du taux de mortalité l’a rendu de moins en moins visible et elle est désormais reléguée dans la stricte sphère privée. Les idéaux de bonheur et de plaisir qui sont les nôtres depuis la deuxième partie du XXème siècle, s’accommodant mal de cet ultime obstacle, ont poussé la logique de l’oubli à son point le plus abouti.
A cet égard, des promenades dans un cimetière comme le Père Lachaise sont instructives. Il est étonnant en effet de voir comment les visiteurs s’y comportent : on parle et on rit fort, on téléphone, on mange son sandwich, on visite les morts comme on irait voir quelque chose d’inédit qui ne nous concerne plus, ou que de très loin. L’outrance des comportements, au delà de l’incorrection, donne bien la lecture de ce désir d’oubli, comme si ces sépultures ne pouvaient plus rien nous dire sur nous-mêmes…
Ah-ah, on rigole moins là ! On vient sur Gris-bleu pour se détendre et paf, on se retrouve au cimetière !
De toute façon, vu le sous-titre de mon site, je pouvais difficilement ne pas en parler un jour : l’art de vivre n’est-il pas, comme le disait si bien Pierre Tombale en son temps, ce qui précède l’art de mourir ?
En plus, je suis quand même super sympa, je laisse de quoi ravir les amateurs de patines :



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Cimetière du Père Lachaise
Métro : Gambetta, Père Lachaise, Phillipe Auguste
Sur l’histoire du Père Lachaise :






















