Le parfum
- Le 26 juin 2007
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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Il y a deux semaines, il faut que je vous raconte cet événement hautement digne d’intérêt, il m’a pris l’envie brutale d’aller chez Séphora, comme ça m’arrive une ou deux fois par an. Comme d’habitude, c’est le même scénario qui se produit, je renifle à tout va, des parfums qui puent, beaucoup, passionnément et même à la folie ! Je finis toujours par réaliser que, rien à faire, seul Dune de Dior échappe au massacre, sans l’acheter pour autant. C’est que voyez-vous, quand j’avais 20 ans, en ce temps que les moins de 20 ans pouvaient déjà connaître, j’avais trouvé THE eau de toilette, celle qui m’allait parfaitement, à moi rien qu’à moi, comme une moufle, et j’en reste assez nostalgique parce qu’elle n’existe plus. Sur ma peau l’alchimie fonctionnait, ça sentait bon, c’était à la fois présent et extrêmement discret et cela me valait d’ailleurs un succès énorme.
Je me souviens très bien de Bo Derek, me suivant et me harcelant sans cesse. Je n’ai jamais su comment elle avait eu mon numéro de téléphone ! Et Cindy Crawford, qui m’avait plaqué contre un mur en pleine rue pour me lécher l’oreille ! Quel culot quand même ! Elle flirtait déjà avec Richard, toute la presse en parlait, alors je peux vous dire que je l’avais recadrée vite fait, bien fait. Qu’elle aille épousailler son nain de jardin et me fiche la paix une bonne fois pour toutes ! Ce qu’elle s’était empressée de faire, par dépit. Tant pis pour elle, quand on se marie par dépit on sait ce que ça donne quelques années plus tard !
Ceci dit, par honnêteté envers vous, amis lecteurs, je dois admettre qu’en plus de sentir bon, je pouvais me targuer d’être encore élégant et svelte, je ne faisais que 126 kilos à l’époque ! Et oui, ça compte !! Quand j’y pense, que de souvenirs tout ça ! Comme la fois également où Sophie Marceau m’avait saoulé au champagne place de la Concorde, par une chaude nuit d’été. Nous avions même failli nous baigner dans la fontaine si je n’avais pas eu l’idée d’y aller en premier, plouf, plus d’eau, la fontaine avait débordé ! Par contre avec Grace Jones, j’avais été sans concession, elle avait eu beau me roucouler des mots doux, elle avait quand même de grandes dents :
- Toi être so gorgeous !
- Euh, non, moi c’est Philippe.
- Moi vouloiiiir ton Cœur !
- Oui, mais Grace, là c’est mon corps que tu touches.
- Toi être beaucoup charisme !
- D’accord Grace, si ça te fait plaisir, moi être beaucoup charisme.
- Toi voulez-vous coucher avec moi ce soir ?
- Ok Grace, mais sans moi, je ne peux pas louper le dernier métro tu comprends ?
- Moi comprendre toi petite coquin !
Je peux vous dire qu’à ce moment précis, sous son regard lubrique, moi pas voir la vie en rose. J’avais dû prendre mes jambes à mon cou ce qui, même en ne pesant que 126 kilos, reste une prouesse technique. Je me maudissais bien d’avoir oublié ma tenue de Superman je peux vous le dire !
Bref, depuis, plus rien, si ce n’est mon odeur biologique. Si j’étais plus altruiste, sans doute chercherais-je une eau de toilette avec plus d’empressement, histoire d’atténuer le désastre qui se produit quand des gens me rencontrent dans un endroit clos. Egoïstement, je dois pourtant avouer que je trouve assez plaisant, par exemple en train ou en métro, de trouver toutes les places libres, pour une simple raison de commodité : j’ai besoin d’au moins trois sièges pour me caler à l’aise. Mais parfois je laisse derrière moi des personnes évanouies. Principalement dans les avions où les gens hésitent beaucoup à sortir par un hublot. Enfin, je sais tout ça par ouï-dire, ma myopie me préservant, Dieu merci, d’un tel spectacle. C’est vrai que je pourrais me laver davantage, investir dans un savon, mais en même temps je pourrais encore être beaucoup moins gentil : je pourrais acheter un tue-mouches de chez Supermarché, genre Axe ou Mennen, ce qui m’obligerait aussi à porter un costume à rayures avec une chemise prune. Je ne suis pas sadique à ce point.
Et vous alors ? Vous l’avez trouvé ce parfum ou cette eau de toilette qui vous ressemble, l’effluve de votre vie ? Ou bien êtes-vous du genre infidèle ! Ou bien n’en portez-vous pas ? Etes-vous sensibles, attiré(e)s ou incommodé(e)s par le parfum des autres, de vos collègues de bureau ou de votre poisson rouge ?
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