
Cette dernière création numérique mérite son nom puisque je n’ai travaillé sur ordinateur qu’à partir de gravures numérisées et de photos personnelles. J’utilise depuis trois semaines une tablette graphique qui me permet de délaisser ma souris pour un stylé stylet. Je peux dessiner sur la tablette comme je le ferais avec un crayon sur une feuille, ce qui ouvre un horizon plus large de possibilités créatives, de précision et de rapidité. J’ai donc enfin terminé ce “Champ d’iris” commencé il y a plus d’un an en apportant les dernières touches au visage du médaillon et aux fleurs qui l’entourent.
Libérée de la souris, ma main retrouve un enthousiasme bon enfant qui fait plaisir à voir. Elle serpente, tournoie, danse et virevolte avec légèreté. Quel émouvant spectacle !
Détails :




Il faut de nouveau fermer les yeux en entrant au Palais Royal : les travaux de restauration des colonnes de Buren sont terminés. Remplissant l’espace autour des colonnes, un goudron noir et grossier achève la disgrâce de la cour d’honneur. Une hideur parfaite, totalitaire, certes pas nouvelle, mais requinquée.
Souvenons-nous : Daniel Buren, tel un enfant à qui l’on retire la tétine un peu brutalement, avait fait une grosse colère en 2007. Il était scandaleux que les pouvoirs publics laissent péricliter son œuvre ! Que cette dernière subisse les outrages du temps, ça non, Buren n’en pouvait plus décolérer du haut de son “droit moral” sur son œuvre, moulinant rageusement l’air de ses petits poings serrés. Il ne vitupérait pourtant pas d’un berceau. Mais la vieillesse infantile, pas plus que l’enfance, ne tolère d’affront à sa toute puissance. Ainsi glapissait Buren, s’imaginant gagner l’immortalité à travers une œuvre pérenne et dûment restaurée. Foire aux vanités, quand tu nous tiens ! Car nest-ce pas de cela dont il s’agit ?
Les glapissements courroucés et autres menaces de procès avaient en tout cas fini par être entendus de Christine Albanel, alors ministre de la culture, qui avait assuré dès la fin de 2007 qu’un plan de restauration serait lancé.
Il l’a bien été.
Pas assez loin hélas.
Pendant ce temps, autour des colonnes et du jardin , les galeries encrassées et en mauvais état nécessiteraient un entretien qui leur fait visiblement défaut. De Lermercier à Contant d’Ivry, les bâtisseurs du Palais Royal ne sont plus là pour s’indigner, s’agiter, dénoncer, menacer. C’est ballot.
Mais à notre tour ne soyons pas mesquins et réjouissons-nous après tout pour Buren : il a retrouvé sa tétine !




Événement sur Gris-bleu. Je vous offre de regarder, de contempler, d’admirer des fleurs sèches de Schlumbergera. Le Schlumbergera, autrement appelé Cactus de Noël, est une plante idéale. Il vit très longtemps, pousse lentement mais sûrement, se bouture facilement et s’entretient gentiment. Dès novembre de chaque année il se met à arborer de petits boutons roses clairs qui finissent par donner une superbe floraison juste avant Noël.
Le mien officie avec une précision métronomique parfaite dont je lui sais gré. Arriver en retard à sa floraison est l’une des plus grandes impolitesses qu’une plante puisse commettre. Notez que je ne vous parle pas ici de n’importe quel Schlumbergera, de ceux qui sortent dont on ne sait bien où, mais de celui de ma grand-mère dont je m’occupe depuis plusieurs années maintenant. Il sait ce qu’être à l’heure veut dire. Ensuite, lorsque le Schlumbergera en a par-dessus la feuille de voir tout le monde s’esbaudir devant tant de beauté, il décide tout bonnement que ça suffit comme ça. Il fait sécher ses fleurs et les laisse tomber comme de vieilles chaussettes.
Mon sens de l’observation concurrençant celui d’une taupe, je n’avais jusqu’à présent jamais accordé d’attention à ces jolies fleurs sèches qui partaient à la poubelle sans un regard. Heureusement qu’il m’arrive parfois d’ouvrir les yeux. Je remarque d’ailleurs qu’ainsi je me cogne beaucoup moins partout, ce qui est un avantage à prendre en compte, et je peux surtout enfin porter à votre attention cette révélation d’une profondeur rarement atteinte : une beauté peut en cacher une autre !



Si je n’avais pas entendu parler de Couleur chanvre sur plusieurs blogs, je n’aurais jamais passé commande sur leur site internet tant il est mal fait et rebutant. En commandant mes taies d’oreiller, je ne savais d’ailleurs pas bien exactement ce que je choisissais : en illustration je pouvais voir des taies qui ne se ressemblaient pas, avec petite ou grande bordure, ou sans bordure du tout ! L’aptitude qu’ont certaines entreprises à se saborder, lorsqu’elle est régie avec une application et une méticulosité à ce point kamikazes, force le respect.
Pour ce qui est du linge bio de Couleur chanvre, il mériterait bien mieux en l’occurrence que le piteux écrin virtuel qui lui est offert. J’ai reçu très vite les taies carrées (avec des bordures larges finalement) que j’avais commandées et qui se sont avérées de très belle qualité. C’est un pur bonheur d’avoir en main ce tissu de chanvre souple, au coloris profond, ayant toute la robustesse du linge ancien. Je pressens déjà les beaux rêves que je vais faire, soutenu par des oreillers beaux et heureux !




La pauvre n’était ni ancienne ni de belle qualité, ses vitres étaient brisées, elle n’avait pour elle que son air de tristesse, sa jolie forme et sa capacité à refléter mon image dans son miroir intact. C’est en l’examinant, dans l’instant précis où j’ai reconnu, mirée, la bovine profondeur de mon regard, que s’est éveillé mon instinct lanternel. Il me la fallait, et qu’on ne me fît point lanterner ! Chose faite, je l’ai nettoyée, débarrassée de ses bris de verre, et j’ai découpé une planchette que j’ai peinte en noir pour faire un fond. Je suis le Landru de la planchette ! Puis je l’ai parée d’un portrait “empampillé” : un simple découpage (encore…) de papier placé au dos d’une grande pampille.




Le principe : retenir du mois écoulé quelques images, les
principaux moments liés à mon blog…

