Les muses ne titillent pas seulement les poètes. Lorsqu’elles décident de s’occuper ailleurs, elles s’attablent avec Jane Campion.
Bright Star, qui relate la rencontre amoureuse du jeune poète romantique John Keats avec la plus jeune encore Fanny Brawne, est un film parfait et magnifique. Il nous grise de délicatesse, nous enivre de beauté. On se laisse glisser dans Bright Star comme on entrerait dans une eau douce et obscure. Nous voici reliés aux amants avec volupté, pris au souffle de la passion, dans les regards, les attentes, la retenue, les frôlements et les silences qui donnent à l’amour sa grandeur.
La grâce a le mouvement doux, le contour délié. La frénésie et la vitesse sont ses ennemies déclarées. Jane Campion en fait ici un remarquable rappel.
Bright Star
de Jane Campion
dans les salles depuis le 6 janvier
avec Abbie Cornish et Ben Whishaw
Je suis généralement plus enclin à poser des questions qu’à répondre à celles qui me sont posées. J’ignore d’ailleurs effrontément celles que je me pose tous les jours : où vais-je ? que fais-je ? pourquoi vis-je ? reste-t-il assez de pain pour ce soir ?
Mais je sais heureusement faire des exceptions. Vous en aurez une illustration dans le numéro qui vient de paraître du magazine Antiquités pratique qui consacre à Gris-bleu, côté brocante, un grand reportage de huit pages, avec photos, interview et extraits bloguesques.
Bref, si vous aimez chiner, et si vous appréciez Gris-bleu, je dirais avec une logique relativement imparable que cela peut constituer deux solides raisons de vous précipiter en kiosque à cheval, en avion, à pied ou en trottinette.
Ce petit agrume exotique qui se mange avec la peau a l’air inoffensif, mais seulement l’air. Avec son goût acidulé, vos papilles réveillées manu militari se mettent aussitôt à danser la samba. C’est carnaval à tous les étages et vous voilà plein de peps.
Du coup, je me suis mis en tête d’acheter un kumquat en pot, m’imaginant en kumquaticulteur heureux, récoltant des paniers entiers de ces petits fruits orangés. Le fleuriste du coin en proposait mais j’ai douté d’un seul coup de jamais obtenir à Paris, sans serre à disposition, la production de mes rêves. Je me suis donc abstenu.
Le kumquat ne manque pourtant pas d’atouts. Il est moins fragile que les autres agrumes et on peut le voir déjà fructifier sur de jeunes pieds ce qui est plutôt bon signe : pas besoin d’attendre cinquante ans avant que le kumquat génère !
Que fait un blogueur dans un moment où il n’a pas beaucoup de temps pour son blog ?
Il pioche dans ses archives photos et compose un pêle-mêle.
Le pêle-mêle impromptu, sans queue ni tête, sans autre justification que lui-même, et d’une vacuité confondante, est le meilleur ami du blogueur au dépourvu.
Elle est discrète, belle, sympathique et singulière. Sa voix est reconnaissable entre mille. Sade a traversé les années fidèle à son style, faisant fi des modes quand tant d’autres s’aplatissent devant elles, distillant ses chansons douces ou mélancoliques avec élégance. Comment se lasser de l’écouter ? Sade échappe au temps, les années passent, ses chansons restent, intactes. J’aurais pu pourtant les user à moi tout seul !
Le nouvel album de Sade, intitulé The soldier of love, sortira le 8 février. On peut d’ores et déjà voir le clip de la chanson (que j’aime déjà !) qui donne son titre à l’album sur son site officiel. Plus que quelques jours d’attente en tout cas avant de découvrir la totalité de cet opus concocté avec ses acolytes et amis de toujours : Andrew Hale, Stuart Matthewman et Paul Spencer Denam.
Mes oreilles s’en frottent déjà les lobes !
En attendant, ne nous refusons pas un petit retour en arrière, d’abord en 88, puis en 92 :
J'entendais dernièrement une femme d'esprit, au cours d'une réprésentation de Don Juan, dire des personnages de Mozart, cette chose si juste : "Il vont très vite, mais s'ils voulaient, ils pourraient aller lentement." Soyons comme eux, maîtres de régler notre allure. Il faut être rapide, mais à condition de porter en soi un contrepoids. Pourquoi, si impatients de toute autorité, accepter sans examen la dernière en date des tyrannies ? Formulons une loi nouvelle de résistance à la vitesse. Pas d'autre pente que notre volonté. "Vérification de l'équilibre par le mouvement " écrit Claudel. La possession des richesses ne désorganise pas l'homme qui sait conserver le sentiment de leur néant.