Sous un autre jour

Irène a cinquante-six ans, deux grands enfants, dont un fils très attaché à elle, une belle maison et une carrière d’avocate reconnue. Une vie sans accroc majeur, une vie en pente douce, jusqu’à ce qu’elle découvre fortuitement que son mari aime une autre femme et que celui-ci lui annonce qu’il la quitte. Dans le même temps, la mère d’Irène, hospitalisée pour une intervention lourde à la hanche, va s’arranger par le biais d’une lettre pour révéler à sa fille l’identité de son père biologique, un violoncelliste juif avec qui elle n’aura passé qu’une seule nuit en 1943, avant que celui-ci ne fuie le Danemark et le nazisme, et ne disparaisse.
Ces bouleversements, Irène ne va pas aller contre eux. Sans bruit, sans éclat, elle va les accepter, les accompagner, commençant par vendre sa maison et entreprenant, suite au coup de pouce d’un ami, les recherches qui la mèneront sur les traces de son père en Autriche et, au fond, bien plus loin qu’elle n’avouait vouloir aller.
Le téléfilm est passé fin novembre sur Arte mais on peut encore le voir sur Arte+7. Le rôle d’Irène y est tenu par Marthe Keller qui a su donner à ce portrait de femme la subtile épaisseur de la détermination et de la sensibilité mêlée. Il y a de la dignité et de la hauteur dans les choix du personnage. Dans celui d’abord d’échapper aux basses trivialités de la discorde, de ne pas sombrer (c’est le mot) dans ces avilissantes rancœurs et jalousies si largement coutumières des couples qui se séparent. De son mari, bien que bouleversée, elle dit à son fils : “Il n’est pas devenu mon ennemi tout à coup“. Elle ne récrimine pas davantage contre sa mère pour son aveu tardif. Elle se l’approprie pour chercher à commencer sa propre histoire avec son père. Au lieu de vouloir fixer les choses, Irène lâche prise pour se laisser conduire avec elles. C’est ainsi qu’elle avance, comme c’est ainsi seulement qu’on peut avancer.
Autant vous dire que je vous conseille vivement de regarder ce téléfilm si ce n’est pas déjà fait. La quête commencée du père, dans le dernier tiers de l’histoire, est particulièrement émouvante, évoquée dans une retenue constante qui lui confère toute sa force.
Sous un autre jour
Réalisé par Alain Tasma d’après le roman éponyme de Jens Christian Grondahl
Avec Marthe Keller, Kurt Sobotka, Bruno Todeschini, Cécile Cassel, Didier Sandre.
Durée : 1 h 45
Sur Arte+7










































Homme de l'être


