La lanterne noire



La pauvre n’était ni ancienne ni de belle qualité, ses vitres étaient brisées, elle n’avait pour elle que son air de tristesse, sa jolie forme et sa capacité à refléter mon image dans son miroir intact. C’est en l’examinant, dans l’instant précis où j’ai reconnu, mirée, la bovine profondeur de mon regard, que s’est éveillé mon instinct lanternel. Il me la fallait, et qu’on ne me fît point lanterner ! Chose faite, je l’ai nettoyée, débarrassée de ses bris de verre, et j’ai découpé une planchette que j’ai peinte en noir pour faire un fond. Je suis le Landru de la planchette ! Puis je l’ai parée d’un portrait “empampillé” : un simple découpage (encore…) de papier placé au dos d’une grande pampille.




Cage et pampilles

Avec l’automne, je reprends goût aux puces et autres brocantes. J’ai ainsi adopté récemment une applique, un chapelet de pampilles et une petite cage rouillée que j’ai repeinte dans sa couleur d’origine.
Il est probable que ce nouveau collier de pampilles finisse comme le premier, en suspension.
Je n’ai rien arrêté encore, idée en suspens.



Quilles et croquet


On chine parfois sans coup de cœur aucun, d’autres fois avec des attirances en chaîne et sur le même thème. C’est ce dernier cas de figure qui m’a fait quitter samedi les Puces de Vanves en compagnie d’un mini jeu de croquet d’intérieur et de deux petits jeux de quilles. Avoir été séduit une première fois par un jeu de croquet, l’an passé, m’aurait-il perfidement inoculé le virus des jeux en bois ?


Arrosoir et boîte à vifs

Après avoir vu des boîtes à vifs en fer blanc exposées sur plusieurs blogs (Un autre été, Du bruit dans l’atelier et Les saisons douces notamment) , j’ai succombé à la tentation d’en acheter une samedi dans une brocante qui avait lieu avenue du Trône. Si vous vous demandez à quoi cette boîte-ci va me servir, je me pose aussi la question. Oui, comme s’il ne me suffisait pas de me flageller d’avoir eu l’achat grégaire ! Comme si ce n’était pas assez, donc, d’avoir perdu toute estime de soi ! Je pourrais toujours me mettre à la pêche dans la Seine et cuisiner du poisson pollué, mais je n’ai pas encore chiné de canne à pêche, quel dommage !
Quant au vieil arrosoir en zinc, il m’attendait dans cette même brocante à quelques pas de la boîte à vifs. Une acquisition que je suis content d’avoir faite, voilà un bon moment que j’en cherchais un qui me plaise et qui soit en bon état.



Le retour de la pampille


Ce lustre-ci n’avait rien pour me taper dans l’oeil. Posé à même le sol, dans un état de très grand délabrement et de saleté, c’est pourtant lui que j’ai choisi d’adopter lors de ma promenade chineuse de samedi.
Je savais que le lustre finirait à la poubelle aussitôt débarrassé de ses pampilles en cristal, en l’occurrence cinq grandes, treize moyennes dont onze en excellent état, une grosse boule et dix petites fleurs. Chacune a été amoureusement dégagée de sa couche de crasse noirâtre avec du savon et une vieille brosse à dents, avant d’être vêtue de papier de soie et d’être rangée dans l’attente d’une utilisation.

Tasses de Digoin


Il y a environ deux semaines, j’ai chiné un grand plumier et quatre tasses de Digoin que je n’ai pas pu me résoudre à laisser. J’ai lutté pourtant, si fort que j’ai même réussi à m’extirper du stand pendant trois secondes. Acheter des tasses, absurde ! J’en ai déjà 9543456431646346687522. Bien qu’en les recomptant ce matin je n’en ai trouvé que 9543456431646346687521. J’ai dû faire une erreur quelque part…
En tout état de cause, j’ai lutté en vain, séduit par leurs jolies couleurs, leur jolie forme et leur excellent état. Du coup, elles commencent une brillante carrière à mon service pour le premier café du matin. Je suis fier d’elles, elles y arrivent très bien !
André Pécoud ou les bonheurs de Philippe
Il y a peu, j’ai acheté en brocante un livre des années 50 illustré par André Pécoud, en l’occurrence Les quatre filles du docteur March. Car la vue de ces dessins a fait ressurgir en un éclair le lumineux souvenir de mes premiers émois de lecture, à 8 ans. A cet âge avancé, ma famille s’inquiétait légitimement de ne me voir pas prendre goût aux livres. Je ne lisais point Goethe dans le texte, je ne nourrissais aucune passion ardente pour la Recherche du temps perdu et j’ignorais superbement Pascal, Kant et Mallarmé, n’importe qui s’en serait rongé les ongles, normal.
Il m’aura fallu entendre la directrice de mon école lire des extraits des Malheurs de Sophie pour déclencher d’un coup mon intérêt. Aussitôt rentré à la maison j’avais pu me plonger dans ces Malheurs vite dénichés et par chance illustrés par André Pécoud. Je possédais d’autres livres de la Comtesse de Ségur, dans de vieilles éditions poussiéreuses, mais ils ne contenaient évidemment aucun dessin de cet illustrateur (1880-1951). Peu de temps après, je devais également recevoir l’intégralité des ouvrages de la Comtesse de Ségur dans une édition reliée, d’un bleu roi rehaussé de dorures sophistiquées, mais mes dessins favoris ni figuraient toujours pas. Déception.
Alors, au point de lire le livre plusieurs fois, je suis resté sous le charme de cette Sophie qui vivait des aventures aux antipodes de ce que j’étais : enfant sage, calme et posé. Un charme habilement renforcé par ces fameuses esquisses de Pécoud aux traits vivants, aussi délicats qu’expressifs, qu’encore aujourd’hui je trouve tout à fait séduisantes.


lecture, si vous avez aimé lire dans votre enfance ?
Médicis illuminé



Abreuvoir en zinc


Quand ce vieil abreuvoir m’a aperçu aux puces, il m’a sauté dans les bras et m’a supplié de l’adopter. Il m’a assuré qu’il saurait se faire petit, que des comme lui on n’en croisait pas tous les jours et qu’il était le plus aimable des abreuvoirs qu’on puisse rencontrer. Il ne souhaitait néanmoins plus travailler et estimait mériter sa retraite. Il a donc été tout à fait rassuré d’apprendre qu’un bassin-abreuvoir officiait déjà tout au long de l’année pour le bien-être des oiseaux alentours et que tout serait fait pour lui garantir de paisibles vieux jours.
La mer, le sable, le noir et le blanc



















