La grippe A, j’aime ça
J’aime déjà la grippe A : bientôt, dans le métro, les musées, partout où l’on trouve des gens à tendance gluante, je simulerai d’atroces quintes de toux avec des airs de phase terminale. Je fais ça très bien, j’ai été simulateur de toux dans une vie antérieure. C’est une compétence très utile quand on veut faire de la place autour de soi. Et puis j’aime voir les gens courir en poussant des cris de panique quand ils me fuient. Il y en a toujours qui tombent et d’autres qui les piétinent, rien n’est plus distrayant.
La peur est un sentiment formidable : elle s’insinue, glisse et s’enroule, croît, grossit, grandit, forcit, se développe et s’installe, campe et s’étend. La peur paralyse, la peur entrave et anesthésie. Subie par le plus grand nombre, elle est très opportune pour quelques uns. Moi qui ne suis, modestement, que le plus grand simulateur de toux que la terre n’ait jamais porté, comme je regrette aujourd’hui de ne pas être un industriel pharmaceutique (humm, les ventes de Tamiflu, de vaccins…), un homme d’Etat (humm, ces paupières fermées sur les politiques menées) ou un patron de presse (humm, ce bon grain à moudre pendant la crise).
Si j’étais médecin ou infirmier dans le public, même peureux, je m’interrogerais probablement quand même sur la pertinence d’une dépense de plus d’un milliard d’Euros en vaccins et en masques. Je m’interrogerais sur la possibilité d’une mutation du virus au moment des premières vaccinations, je me demanderais si le masque est une barrière avérée contre le virus, je me poserais aussi la question de savoir si l’on a assez de recul avec des tests de vaccination réalisés dans l’urgence.
Enfin, heureusement, je n’ai pas ce mauvais esprit caractérisé des médecins et infirmiers du public qui, non contents de constater l’accentuation d’une médecine à deux vitesses, les urgences surchargées ou le manque de personnels (entre autres), pourraient avoir le front de poser des questions dissidentes et acrimonieuses autour d’une bagatelle d’un milliard et des poussières.
Pour ma part je n’ai aucun mauvais esprit, c’est évident. Il n’empêche que certaines questions m’étaient venues à l’esprit cet été bien malgré moi. Justement à propos du recul suffisant ou non des tests de vaccination et, donc, de mon choix de me faire vacciner ou non. En mobilisant trois neurones valides, pas des cracks ni des spécialistes, des neurones juste un peu intuitifs, pétris d’un peu de bon sens, j’avais heureusement réussi à répondre et à évacuer ces questionnements. Car entre eux la discussion avait été rondement menée et le résultat des délibérations promptement rendu : non, je ne me ferais pas vacciner.
A lire plus tard début septembre ce que disait le Syndicat National des Professionnels Infirmiers des adjuvants présents dans les vaccins achetés, mes trois neurones ont bombé le torse. A lire les propos de son secrétaire général (ici tout récemment par exemple), ils ont réclamé du caviar à tous les repas.
Mais je ne suis pas homme à me laisser faire par trois neurones. Sans eux, j’en suis certain, je n’aurais cédé en fin de compte ni à la peur ni à la vaccination. Je n’aime pas la peur, je n’aime pas les paupières fermées et j’ai horreur des piqûres, ça fait bobo.
Et puis finalement, que craindre ? A bien y réfléchir, ce virus n’est-il pas tout petit, tout minuscule ? C’est même d’une vérité criante à qui veut bien l’entendre : le H1 est nain !
N1, pardon.









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