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Archives pour la catégorie ‘/A/ Humour-humeur’

Dernière bouteille

31/12/2007 Philippe

A Noël, vous avez foie-grassé, huîtré, chaponisé et champomysé juqu’à plus soif, ne me dites pas le contraire : vous avez pris 3 kilos et ça se voit, là et là, et là aussi, enfin un peu partout en fait !

Et puis c’est quoi cette huître engluée sur vos lunettes ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle voulait vous faire une bise, elle vous a sauté dessus ? Sauf que folle d’amour pour vous elle était peut-être encore sexy mais là…soit c’est une bonne actrice, soit elle est vraiment très morte ! Avec un pied de biche, vous devriez heureusement pouvoir la décoller.

De mon côté, Noël m’a sauvé ! J’étais il y a peu un homme en danger, un homme aux abois, qu’un vilain rhume ne voulait pas vraiment quitter. Eh bien depuis le 24, me voilà redevenu moi, le regard vif et le biceps ferme ! Vive le foie gras et les chocolats !

Pour parfaire le tout, le soir du 25 j’ai avalé un bon verre de Cognac : du Cognac de 137 ans d’âge, la dernière, la toute dernière bouteille de la famille, tellement dernière qu’après il n’y en aura plus. En fût depuis 1870, mon grand-père l’avait mis en bouteilles en 1940 juste avant de les enterrer pour les sauver des Allemands. Plus tard, mes grand-parents, puis ma grand-mère seule, ont donné une bouteille de cette cuvée à chacun de leurs enfants à chaque Noël. C’est dire que ce verre, j’ai pris le temps de le réchauffer de mes mains, de le savourer, c’était assez émouvant.

Déjà, une semaine a passé et c’est ce soir le réveillon du 31, le seul soir où je ne sortirai pour rien au monde sauf en cas d’incendie, de guerre nucléaire ou d’invasion de moustiques. Je sacrifie à Noël avec une relative bonne grâce, mais le 31 est le jour où ma misanthropie se flatte le plus d’être misanthrope. Je la respecte donc en lui offrant une soirée tranquille. Elle est semble-t-il tout à fait rebelle aux mots d’ordre festifs et ne fraierait qu’avec beaucoup de répugnance avec les bisouillades et “bonne année” de minuit.

Pour vous ce réveillon, il sera plutôt intime-tranquille ou festif pouêt-pouêt ? C’est un rituel que vous appréciez ?

Je vous le souhaite très agréable en tout cas, tout comme je vous souhaite bien sûr une excellente année 2008…une année sur Gris-bleu quoi !

Vous prendrez bien un peu de cancer ?

05/12/2007 Philippe

Dans le métro, il y a des pubs suspendues au plafond de la rame. Mais ces derniers temps, ce qui pendouillait sous votre nez, c’est une campagne de communication de l’Institut Curie qui disait ceci : “Dans cette rame, une personne sur deux sera atteinte d’un cancer au cours de sa vie”.

Merci l’Institut Curie !

C’est vrai, on est tellement joyeux dans le métro, à se jeter des cotillons en dansant la lambada, qu’on a vraiment besoin d’un truc pour calmer un peu tout ça. Et pour ceux qui n’avaient pas le moral, ça leur donne juste envie de se pendre. En somme, une lutte efficace contre le cancer : un suicidé c’est déjà un cancéreux potentiel en moins !

Moi, j’ai juste tourné la tête pour regarder ma voisine de strapontin : une brunette absorbée dans sa lecture et habillée en noir. Dans mon cerveau ne cessait de résonner le “une personne sur deux…une personne sur deux…”

Elle ou MOI ?

Pouf, pouf, am stram gram, pic et pic et colégram,
bour et bour et ratatam, ce-ne-se-ra-pas-moi !

Pourquoi vous me regardez comme ça ? Ok j’ai un peu triché, mais bon, je n’allais quand même pas me désigner ! D’ailleurs, c’est ma voisine qui portait du noir, pas moi ! Le look croque-mort, c’est connu scientifiquement, ça attire le cancer en vadrouille, celui qui fouine en se demandant qui il va bien pouvoir se taper aujourd’hui. En revanche, je porte souvent des pulls rouge hémoglobine. J’y regarde donc à 3 fois avant de traverser la rue ! Parce que le rouge hémoglobine, si ça intéresse moyennement le cancer, ça attire la mort violente, si, si je vous assure : elle me regarde la langue pendante en battant des cils pour me charmer. La pauvre ne sait pas qu’elle tombe sur Superman, l’homme qui traverse la rue sans jamais se faire écraser !

Je n’en veux tellement pas du cancer que j’ai fait mon premier dépistage en août. Je suis un exemple pour la prévention ! L’Institut Curie ferait bien de m’offrir un voyage aux Seychelles pour me récompenser (Pas 8 jours, 15, merci). Ah non j’oubliais, ils ont déjà tout dépensé pour une campagne qui flanque tout le monde en dépression.

Remarquez, ça aurait pu être pire avec un slogan pour pompes funèbres du genre “Dans cette rame, tout le monde connaîtra la mort une fois dans sa vie, pensez-y !”

Heureusement, pas besoin de faire de la pub pour les pompes funèbres ! Regardez les pieds des autres, les vôtres aussi, eh bien vous voyez : des chaussures sinistres, tout le monde en porte déjà !

1 an, premier gribleuversaire !

28/11/2007 Philippe

Le 28 novembre 2006, j’ouvrais Gris-bleu sans imaginer qu’un an après je bloguerais encore avec assiduité. Je l’imaginais d’autant moins que j’avais déjà eu un blog abandonné assez rapidement 2 ans auparavant.

J’ai eu beaucoup de plaisir à bloguer lors de cette première année. J’ai aimé trouver des idées, prendre des photos, écrire surtout, peaufiner mes textes, m’amuser et vous imaginer en train de sourire également. J’ai eu aussi bien sûr un grand plaisir à lire vos réactions et à vous répondre.

Du plaisir donc mais accompagné de quelques frustrations. J’aurais voulu publier plus souvent, prendre des photos plus belles, écrire des textes plus amusants et enlevés, rendre visite plus fréquemment aux blogs que je consulte régulièrement etc. J’ai été hélas (ou heureusement) rattrapé par un principe de réalité bien tangible : les journées n’ont que 24 heures !! A vous aussi ça fait un choc ? Pas d’inquiétude, ça fait toujours cet effet quand on l’apprend !

Un an, c’est à la fois peu et déjà beaucoup, c’est en tout cas suffisant pour que des liens se soient tissés et pour m’être attaché sincèrement à bon nombre de blogueurs, sans oublier néanmoins que ces personnes n’ont pour la plupart pas même de visage ni de voix. Juste des bras pour taper sur leur clavier !

De façon générale, je trouve la blogosphère passionnante : le pire y côtoie le meilleur mais ce vaste ensemble crée une dynamique qui profite à chacun. Si je peste parfois intérieurement contre
sa bêtise, contre ses grands ou petits conformismes, elle reste riche des personnalités très différentes qui la composent et ça, c’est dément-géniâââl et carrément totalement fabuleux !

Bref, mon blog a été très positif pour moi, parce que pour la concierge, je ne saurais vous dire. Finalement, tenir un blog permet de se découvrir (une activité à déconseiller aux frileux donc) et de progresser surtout. Il me permet aujourd’hui d’aller plus loin et de faire naître de nouveaux projets. Cela pour vous dire que dans les prochains mois, je répondrai probablement plus souvent à la cantonade dans les commentaires. Je dois me préparer au fait qu’à l’avenir les journées ne feront toujours que 24 h ! Pas facile !

Et vous chers lecteurs, où en êtes-vous avec votre blog ?

Je veux tout savoir !

22/11/2007 Philippe

Confessez-vous sur Gris-bleu :

Avez-vous regardé Des racines et des ailes hier soir sur France 3 ?

Le magazine était consacré à “l’art de la déco d’hier et d’aujourd’hui”. Le titre était ambitieux, le reportage beaucoup moins. Suivre par exemple un décorateur quand il descend de voiture et fait la bise à ses clientes n’apporte pas un intérêt crucial. Surtout qu’on y a encore droit pour son départ : et hop, re-bise du décorateur ! Il aime bisouiller, on est content de le savoir, on se couche tout de suite moins crétin après.

J’ai bien aimé en revanche les moments nous permettant de voir des artisans d’art travailler. Leur habileté, leur savoir et leurs prouesses sont passionnants.

Mais Des racines et des ailes, hier soir, c’était avant tout en réalité une émission rigolote. L’architecte d’intérieur étant au nouveau riche ce que Valérie Damidot est au pauvre, on a eu droit à une bonne dose de clinquant, avec le même résultat ciblé pour France 3 que pour M6 : faire rêver monsieur et madame Toulemonde et courtiser l’audimat.

La seule fois où l’on a montré un appartement parisien sobre, la caméra n’a pas lâché les gloussements de joie de la propriétaire à la fin des travaux, il fallait bien compenser ! Puis zoom in extremis sur un mur de l’appartement recouvert à la feuille de cuivre. On n’allait quand même pas laisser le téléspectateur plus de trois minutes sans un truc qui brille.

Enfin, grand moment d’émotion filmé à Vienne. Découvrant les vastes et luxueux espaces de rangement réalisés pour elle, la propriétaire d’une maison de 2500 m2 avoue : oui elle a, malheureusement, beaucoup de vêtements.

Trop dure la vie.

C’est à se demander, franchement, comment les gens osent se plaindre de leur pouvoir d’achat, eux qui ne connaissent pas tous ces affreux tracas de rangement !

Allez, dites-moi tout, vous l’avez regardée cette émission ?

Non ?

Hum, vous étiez encore en train de vous empiffrer de Nutella dans la cuisine, c’est ça?

Ma carrière de modèle international

13/11/2007 Philippe

Je n’avais pas 3 mois que je répétais à ma famille “Ben moi quand je serai grand je serai top modeul internachionol du BHV !”. Je m’voyais déjà, en haut de l’affiche, lalalalala, lalalalala, lalalalala. Ensuite je bavais un peu ou reprenais mon biberon, selon mon humeur, puis je m’endormais un moment. L’ambition à cet âge là, c’est épuisant.

Alors quand la semaine dernière je suis tombé sur cette annonce du BHV, mon sang n’a fait qu’un tour :

Casting ouvert à tous : vous avez entre 18 et 65 ans, devenez l’un des huit modèles du prochain catalogue homme. Toutes tailles, tous styles recherchés.

Mercredi 7 ou vendredi 9 novembre de 15h à 20h, présentez-vous au 36 rue de la Verrerie, à côté du BHV

Tous styles recherchés, vous vous rendez compte, cela voulait dire que j’avais enfin ma chance avec mon allure de gueux-lépreux ! Hors de question de mettre ma moumoute à l’envers ou d’oublier mon dentier, j’étais bien décidé à mettre tous les atouts de mon côté.

Je me suis présenté tout d’abord mercredi mais quand j’ai aperçu les 300 mètres de queue, j’ai fait demi-tour ! Je suis donc revenu vendredi, avec 30 minutes d’avance cette fois-ci. Il n’y avait que 270 mètres de file d’attente, ouf !

Parmi les centaines de personnes qui se sont présentées, il y avait de tout : du branchouille à slim et à capuche, du vieux beau coiffé à la Johnny Hallyday, du petit dégarni à boucle d’oreille ou du grand à cheveux gras. Sur le moment, cela m’a rappelé une vieille pub pour La Vache qui rit dans laquelle toutes les vaches qui se présentaient à un casting pour incarner la célèbre icône fromagère étaient refoulées par une voix qui criait “Trop maigre ! Trop grosse ! Trop typéééée !!!!”. Un court instant, je me suis imaginé en vache, en train de meugler sous des projecteurs. Je me suis fait peur.

C’est que j’ai eu le temps de m’en remémorer des choses : j’ai attendu 4 h 45 avant de passer devant l’objectif ! Vous avez bien lu : 4 h 45 !! Des souvenirs, j’ai même dû m’en inventer tellement j’étais à court !

Je vous fais un topo pour que vous visualisiez bien : des centaines de candidats, une file d’attente monstrueuse, le froid, l’entrée des fournisseurs du BHV Homme aménagée pour l’occasion avec un DJ, de la musique à fond, du personnel pour distribuer cafés et madeleines aux candidats, puis enfin, après des heures d’attente, l’arrivée devant l’objectif avec votre nom collé sur votre pull et des gens qui vous crient “Alllezzzz, sourriiire, smile, ouiiii, un peu à gauche…ok, à droite maintenant…ok, merciiii !”.

Une minute plus tard j’étais à nouveau dehors, toujours transi de froid, avec les yeux rouges et ma moumoute de travers. Déjà que je ne suis pas photogénique ! J’aime beaucoup mon acné, mais je dois avouer qu’elle me flatte moins en photo qu’en réalité.

Ceci dit, je reste confiant. Les 8 heureux élus seront contactés avant le 18 novembre et je suis certain d’en faire partie. Pourquoi me demanderez-vous, eh bien parce qu’en toute modestie, j’ai quelques petits trucs infaillibles dont je voudrais d’ailleurs vous faire profiter :

Règle numéro 1 : si comme moi vous faites 175 kg, toujours rentrer le ventre. Mais pas trop ! Car si vous rentrez trop le ventre, il ressortira dans le dos. Obèse du dos, pas beau, et en plus vous risquez de tomber à la renverse. A éviter.

Règle numéro 2 : ce n’est pas tous les jours que vous vous présentez au casting de vos rêves, alors si vous avez un dentier, ne pas hésiter à le nettoyer, une fois n’est pas coutume ! On peut bien changer la couleur de ses cheveux, pourquoi pas celle de ses dents ?

Règle numéro 3 : avoir l’air musclé, en forme. Pour cela une seule solution : porter un sac de sport.

Règle numéro 4 : penser qu’il peut toujours arriver un incident devant l’objectif. S’il est difficile de résister à un éternuement, sachez que si vous vous mettez à vous gratter partout quand on vous mitraille, vous n’irez pas loin comme top modèle ou star de cinéma vous voyez. C’est pour cela que vous DEVEZ ABSOLUMENT laisser vos puces à la maison, et cela même si ça vous fend le coeur. Je connais le problème, je suis très attaché aux miennes !

Voilà, vous êtes parés pour la gloire ! Surtout, dès que vous aurez décroché un premier rôle à Hollywood ou la couverture de Vogue, envoyez-moi un petit mot, ça me fera plaisir !

Si vous n’y parvenez pas malgré mes bons conseils, vous pourrez toujours vous consoler avec votre myopie : être taupe-modèle est beaucoup plus facile !

Ma fierté de père

24/10/2007 Philippe

Comme vous le savez, je suis papa, et même si je tiens à rester très discret sur ma vie de famille, qui ne regarde guère les internautes, je cède cependant aux aimables pressions de quelques-uns qui me demandent régulièrement des nouvelles de mon fils et qui souhaitent le revoir en photo.

Cela me pousse bien sûr à m’interroger, je me demande souvent par exemple, avec un fond de culpabilité, si j’ai bien fait il y a 7 mois d’annoncer ici-même sa naissance. Et quand je vois que je m’apprête encore à céder à mon orgueil de père, à publier une nouvelle photo de mon fils sur mon blog, je ne peux m’empêcher d’être un peu effrayé : considérant qu’exposer publiquement ses enfants sur internet relève d’un certain exhibitionnisme, voilà que j’en arrive à contrevenir aux principes mêmes de discrétion qui fondent mon éducation et guident habituellement ma conduite ! Je ne me reconnais pas !

Vous voyez, il n’y a pas de Superman qui tienne dans ces moments-là, j’ai moi aussi mes faiblesses.

La seule chose que j’espère est qu’il ne me le reprochera pas un jour.

Donc, voilà, mon fils Jean-Edmond va bien, très bien même, je lui offre je crois une enfance heureuse et équilibrée. Je suis très proche de lui, je lui parle beaucoup notamment, et même s’il est sans doute un peu tôt, je ne désespère pas un jour prochain de l’entendre sortir ses premiers mots.

Je ne pouvais par ailleurs rêver d’un fiston plus propre, c’est bien simple, il ne quitte pas son pot !!

Enfin, comme rien n’est plus parlant qu’une photo, je ne vous ferai pas languir davantage :

On ne se rend peut-être pas bien compte, au milieu de ses camarades plus grands que lui, mais il fait une bonne trentaine de cm de hauteur, c’est dire qu’il a bien grandi et bien forci !

Je suis vraiment un papa comblé !!!

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Alors, ne le trouvez-vous pas adorable mon petit manguier, avec sa frimousse espiègle ?

Et si on papotait vacances ?

24/08/2007 Philippe

Heureusement que j’ai un moral en acier (en acier trempé en l’occurrence) : il pleut, le ciel est gris depuis trois mois et je n’ai pas l’once du quart d’un tiers d’une parcelle de bronzage sur mon corps sculptural ! D’habitude j’aime bien partir fin août, ou mieux même, quand je le peux, en septembre. Direction la mer alors, quand il n’y a presque plus personne mais que tout est encore ouvert. Je fais de longues promenades à vélo, je fais lobotomie-bronzette à la plage, je me baigne à la nuit tombée, mange peu et ne parle à personne. Une cure de misanthrothérapie en somme ! C’est miraculeux à chaque fois, je reviens dans une forme olympique, dopé comme un maillot jaune ! Cette année, je ne pense pas pouvoir partir faire ma cure, mais le temps qu’il fait ne me fait pas regretter grand chose pour l’instant.

Et vous, ces vacances ? C’était bien ? Vous avez trouvé le soleil ? Fait de beaux pâtés de sable ? Barboté dans l’eau, plouf-plouf, comme des fous ?

Et si vous êtes restés chez vous, sans même un week-end aux Bahamas, vous avez aussi le droit de me raconter ce que vous avez fait. Normalement non, mais aujourd’hui sur Gris-bleu, hop, je décrète une amnistie pour les gens qui ne sont pas partis !

Wallons-y !

15/08/2007 Philippe

Je suis allé passer quelques jours très loin. Plus loin que la banlieue, plus loin que la province : dans une contrée appelée Belgique. Il y a quelques temps encore je n’aurais même pas su placer ce pays sur une carte, maintenant non plus d’ailleurs, mais je sais que c’est vers le Nord. Quelle aventure en tout cas ! Quelle fierté d’y être allé, d’en revenir sain et sauf et de pouvoir témoigner ! Tout d’abord, muni d’une grosse valise, je me suis rendu à la gare du Nord pour y prendre le train.

Quelle surprise, une fois confortablement installé, de constater qu’autant de gens partaient pour le même périple ! Les aventuriers se comptent rarement par centaines que je sache ! Mystère donc. Autour de moi, deux femmes péroraient comme si elles ne s’étaient pas vues depuis cent-cinquante ans, un type filmait le wagon et surtout moi en train de le foudroyer du regard, une mère curait les dents de sa fille avec un doigt et ma voisine immédiate se mettait à manger une pomme. Même pas besoin de partir à l’étranger pour voir des sauvages ! Je me suis bien calé au fond de mon siège pour savourer mes premières observations anthropologiques et m’interroger de nouveau : qu’allais-je trouver en Belgique ? N’avais-je pas trop minimisé, au fond, la dangerosité d’un tel voyage ? Après tout quand même, si le chemin de fer ralliait cette destination, c’était certainement que la civilisation y avait droit de cité. Peu ou prou rassuré, j’ai pu m’assoupir jusqu’à Bruxelles.

Une heure et demie plus tard, nous arrivions en effet dans une gare digne de ce nom avec, au-delà, des immeubles, des rues goudronnées et des voitures. J’ai commencé à regretter d’avoir bourré ma valise de matériel de survie. Ma machette n’allait probablement guère me servir, ma boussole non plus. Je suis d’ailleurs rapidement tombé sur un plan de la ville qui allait me permettre de rejoindre ma destination finale. Même si je suis un véritable aventurier, grand, fort et sans peur, je dois admettre que j’ai trouvé très agréable de ne pas être assailli par une cohorte de Belges emplumés et munis de javelots, au dialecte inconnu. Car j’ai toujours un mal de chien à me faire comprendre par signes, même pour exprimer des choses simples comme « Ne me mangez pas ! » ou « S’il vous plaît, j’aimerais rester en vie ». Quand enfin je me fais entendre, je suis en plus toujours embrigadé dans des libations qui n’en finissent pas, à danser autour d’un grand feu ou assis près du chef. Vous êtes le bienvenu, on tient à vous le faire savoir ! La fille du chef ne manque jamais à cette occasion de me faire de l’œil, mais elle est généralement déjà fiancée depuis ses quatorze ans à un grand brun patibulaire et costaux réputé pour être le plus jaloux du village. Mais si l’énergumène s’avise de me chercher, il sait vite à qui il a à faire : je pousse un grand cri, un peu comme celui de tarzan mais en beaucoup plus puissant (pour impressionner), je fixe l’adversaire en clignant des yeux très fort (pour dérouter) et je lui écrabouille les doigts de pied (pour lui écrabouiller les doigts de pied). Ça ne fait pas un pli : le mal embouché vacille en hurlant, attrape son pied tout en se mettant à sautiller sur l’autre jambe. La méprise est totale, tout le monde croit que le signal de la danse du cul-de-jatte vient d’être donné ! Comme un seul homme, nous entamons aussitôt la fameuse danse autour du bûcher, sur une jambe, un coup à droite, un coup à gauche, en avant et à reculons, sur un rythme frénétique. Un grand moment de fraternité et de bonne humeur qui nous relie tous en parfaite communion. Puis nous regagnons nos places où nous sont servis les premiers plats. Doux moment qui me fait immanquablement regretter de ne pas avoir été trucidé. A quoi bon survivre quand vous vous trouvez devant des sauterelles grillées, de la tarentule farcie à la panse de porc ou des brochettes de chenilles ? Ne pouvant décemment refuser l’aimable hospitalité qui m’est offerte, je finis ma nuit à l’agonie, dans les nausées et la fièvre. Presque inconscient, je me retrouve au petit matin sous une hutte avec un chaman, bercé par les sombres incantations destinées à extirper le mal.

A Bruxelles heureusement, j’ai échappé à tout cela. Point de grande danse au coin du feu, point de tarentule farcie. Je n’étais pas non plus assis en tailleur à côté du chef de leur tribu, Albert II, ce qui m’a permis d’échapper aux œillades de sa fille, la princesse Astrid, et m’a donc évité de devoir écraser les orteils du Prince Lorentz. Je me suis sobrement contenté de monter dans une charrue électrique jaune et bleue que les autochtones appellent tramway. Les portes en sont très étroites et les marches très hautes. C’est une coquetterie locale je crois, une façon pour les Bruxellois de faire croire qu’ils sont tous minces, jeunes et pas handicapés. Mes 175 kilos et moi nous avons eu un mal terrible à entrer à l’intérieur, heureusement que je suis équipé, non pas d’un chausse-pied, mais d’un chausse-moi qui s’utilise sur le même principe. Je me suis coincé de profil dans l’embrasure de la porte et j’ai confié mon chausse-moi à un passant qui s’est aimablement démené pour me faire glisser à l’intérieur. J’ai alors senti toute une masse de gens refluer vers le fond de la charrue. Mon odeur estivale de crasse marinée fait toujours un effet sensationnel dans les espaces confinés. J’ai aussitôt entrepris de grands sourires charmeurs parce que j’étais d’humeur charitable, ce qui m’arrive rarement.

Mais les Belges sont des êtres bien curieux, ils sont restés hermétiques, se contentant de reculer juste un peu plus encore, d’un air effaré. Quel manque de politesse ! J’ai pu tout juste compter, de loin, deux ou trois pertes de connaissance. C’est bien la peine de ne jamais se laver si c’est pour en glaner aussi peu de reconnaissance ! Par la suite, pendant les quelques jours de mon séjour, j’ai tenu à être le plus discret possible. J’ai laissé ma tenue de Superman dans la valise, pensant, à tort ou à raison, qu’un héros de bande dessinée en Belgique pouvait être capturé, exposé et jamais relâché. J’ai donc opté pour l’aspect du touriste. Il n’y a pas pour cela grand effort à faire. Le plus souvent, un air crétin, un pantacourt et un appareil photo suffisent. Pour une allure plus zélée, rien ne vous empêche bien sûr d’ajouter un sac à dos et de léchouiller un cornet de glace. Il ne reste ensuite qu’à suivre le troupeau, impossible en effet d’être touriste sans être grégaire. Vous suivrez tout le monde qui suit tout le monde. La rue d’à côté est tout autant charmante, mais elle est absolument déserte, n’y pensez pas ! J’ai donc fait tout cela très bien, à l’exception de Bruges où je me suis permis quelques incartades dans des rues parfaitement vides. Le temps était superbe et la ville charmante. Les ruelles y sont en outre sans cesse sillonnées par de jolies calèches tractées par d’appétissants chevaux. Et c’est bien là le drame ! S’il est un met que je place au dessus de tous les autres, c’est la viande de cheval, hachée et bien rouge, mangée crue. Au lieu de m’extasier devant je ne sais quel fronton d’église, je reluquais donc les fermes cuisseaux de la viande sur pattes qui passait à ma portée. J’ai retrouvé tous les symptômes que j’avais lorsque je montais à cheval. Du moins lorsque, seul avec ma monture dans le box, les yeux explosés et la langue pendante, il me fallait trouver des trésors de volonté pour ne pas en boulotter un morceau. Un petit bout de cheval en moins, ça ne se voit sans doute pas beaucoup, mais encore faut-il savoir s’arrêter. Comme pour la cigarette, le mieux est encore de ne pas goûter. Je me suis donc vengé sur les frites, une denrée aux vertus engraissantes dont je n’allais pas me priver, en buvant de la bière, boisson mousseuse infâme dont la peuplade belge semble très friande.

Et puis je suis revenu. Revenu parce qu’à Bruxelles, il n’y a même pas la mer. Revenu parce que Cindy Crawford voulait me voir de toute urgence pour me présenter Pamela Anderson qui rêvait de me connaître. Revenu enfin parce que mon chat devait se languir de moi et qu’un chat déprimé, c’est déprimant.

A mon retour, Pamela a été enchantée de repartir avec l’autographe que je lui ai gentiment signé. Je l’ai gratifiée de quelques vagues compliments sur son talent d’actrice qui ont paru la mener directement au nirvâna. Quant à mon chat, il m’a accueilli avec des ronrons débordant d’amour et d’admiration qui m’ont rempli de bonheur. Mais je ne vous apprends rien j’en suis sûr, puisque c’est bien connu : heureux qui, comme Philippe, a fait un beau voyage.

Carpaccio de concombre à la menthe

20/07/2007 Philippe

Vous aimez le concombre ? Vous aimez le citron ? Vous aimez la menthe ? Je le savais, c’est pour ça que moi, Superman, je suis là : pour penser aux gens qui aiment le concombre, le citron et la menthe dans la discrétion la plus absolue et dont personne ne parle jamais. Chers amis concombrophiles, vous ne pouviez mieux tomber aujourd’hui car voici pour vous, rien que pour vous, une entrée simplissime et délicieuse pour les chaudes soirées d’été.

Matière première pour 4 personnes :

2 concombres
1 yaourt nature
Le jus d’un demi citron, ou d’un petit citron entier
1 gousse d’ail écrasée
1 cuillère à soupe d’huile d’olive
3 ou 4 brins de menthe ciselés (réserver quelques feuilles entières pour la décoration)
Sel et poivre

Pelez les concombres avec un économe puis découpez-les ensuite en longues lanières en vous arrêtant avant d’atteindre les pépins. Salez et faites dégorger dans une passoire pendant environ 30 minutes.

Battez le yaourt nature (même s’il n’a rien fait de mal) pour obtenir une consistance lisse. Ajoutez le jus de citron, la gousse d’ail écrasée, l’huile d’olive, le sel, le poivre et les feuilles de menthe ciselées.

Disposez enfin les lanières de concombre en cercle dans des assiettes et répartissez l’assaisonnement dessus et au centre, accompagné de quelques feuilles de menthe entières.

Placez au réfrigérateur au moins 10 minutes avant de servir.

Hop, le tour est joué !

Mousse au citron

13/07/2007 Philippe

Voici la recette d’un dessert estival que j’ai préparé hier, très bon, frais, facile à faire, et qui peut se préparer plusieurs heures à l’avance.

Les ingrédients sont  donnés pour 4 personnes mais je trouve qu’ils conviennent juste pour 3 :

3 œufs

200 g de sucre semoule

1  cuillerée à soupe de maïzena

1 demi verre d’eau

2 citrons non traités

Pour avoir un citron non traité, le mieux étant peut-être de vous adresser directement, à l’étalage, au citron lui-même :

- Bonjour citron, dis-moi, as-tu été déjà été traité ?

- Non, jamais !

- En es-tu bien certain ?

- Ben, en fait une fois, j’ai été traité de tête d’œuf, mais ça ne compte pas !

- Ah, désolé petit citron, tête d’œuf ça compte, et il me faut un citron vraiment non traité.

- S’il vous plaît, regardez, je suis un beau citron, je sais même jouer de la batterie de casseroles et du piano de cuisine !!

- Mais je n’ai pas besoin d’un citron musicien !

- Je ne suis pas assez jaune c’est ça ?!

- Mais si, mais si….

- Alors où est le problème ?

- Je te l’ai dit petit citron, tu as été traité, je ne t’achèterai donc pas ! Alors rien ne sert de me harceler ni de faire cette tête d’enterrement, tu ne m’attendriras pas !

A un moment donné, il faut couper court, sinon vous risquez de ne plus pouvoir vous défaire d’une interminable et vaine discussion. Et même s’il est parfois difficile de dire non à un citron, il faut savoir rester intraitable !

Mais revenons à nos moutons. Car une fois que vous avez tous vos ingrédients autour de vous, votre tablier attaché et vos affreuses lunettes sur le nez, voici comment vous allez procéder :

Vous séparez les blancs des jaunes puis vous délayez les jaunes et le sucre dans une terrine.

Quand le mélange devient mousseux, ajoutez la maïzena et l’eau, puis le jus des deux citrons et le zeste d’un seul.  Portez la préparation jusqu’à une température proche de l’ébullition, sur feu doux, en  remuant constamment (important !). Quand celle-ci prend une consistance semblable à celle de la crème anglaise, arrêtez la cuisson et laissez refroidir. Incorporez ensuite les blancs battus en neige et servez bien froid, en coupes individuelles.

Astuce : vu qu’il arrive parfois qu’une petite partie des blancs battus en neige retombe, je les ai laissés environ une demi-heure au réfrigérateur pour pouvoir évacuer ensuite le liquide retombé, juste avant l’incorporation au reste de la préparation. Résultat au final : des coupes parfaites !

Bonne dégustation !