Les muses ne titillent pas seulement les poètes. Lorsqu’elles décident de s’occuper ailleurs, elles s’attablent avec Jane Campion.
Bright Star, qui relate la rencontre amoureuse du jeune poète romantique John Keats avec la plus jeune encore Fanny Brawne, est un film parfait et magnifique. Il nous grise de délicatesse, nous enivre de beauté. On se laisse glisser dans Bright Star comme on entrerait dans une eau douce et obscure. Nous voici reliés aux amants avec volupté, pris au souffle de la passion, dans les regards, les attentes, la retenue, les frôlements et les silences qui donnent à l’amour sa grandeur.
La grâce a le mouvement doux, le contour délié. La frénésie et la vitesse sont ses ennemies déclarées. Jane Campion en fait ici un remarquable rappel.
Bright Star
de Jane Campion
dans les salles depuis le 6 janvier
avec Abbie Cornish et Ben Whishaw
Elle est discrète, belle, sympathique et singulière. Sa voix est reconnaissable entre mille. Sade a traversé les années fidèle à son style, faisant fi des modes quand tant d’autres s’aplatissent devant elles, distillant ses chansons douces ou mélancoliques avec élégance. Comment se lasser de l’écouter ? Sade échappe au temps, les années passent, ses chansons restent, intactes. J’aurais pu pourtant les user à moi tout seul !
Le nouvel album de Sade, intitulé The soldier of love, sortira le 8 février. On peut d’ores et déjà voir le clip de la chanson (que j’aime déjà !) qui donne son titre à l’album sur son site officiel. Plus que quelques jours d’attente en tout cas avant de découvrir la totalité de cet opus concocté avec ses acolytes et amis de toujours : Andrew Hale, Stuart Matthewman et Paul Spencer Denam.
Mes oreilles s’en frottent déjà les lobes !
En attendant, ne nous refusons pas un petit retour en arrière, d’abord en 88, puis en 92 :
Les chats ne se contentent pas d’être beaux, gracieux et doux, ils ont à leur disposition un arsenal impressionnant de petits trucs pour vous rendre la vie impossible quand il veulent quelque chose, surtout lorsqu’ils ont faim, c’est-à-dire à peu près tout le temps, comme moi. Avec ses trois chats, l’illustrateur anglais Simon Tofield n’est pas passé à côté de cette évidente constatation. Il la restitue avec tendresse et beaucoup d’humour dans de petits dessins animés qu’il réalise lui-même et qui ont pour héros un chat d’une opiniâtreté à toute épreuve.
Si vous ne les connaissez pas encore, vous pourrez découvrir ces dessins sur le site de Simon Tofield. Les plus ailurophiles d’entre vous (je pense forcément ici à Rafaèle) vont sûrement bien rire des mésaventures de l’auteur. Quand on a un chat ou qu’on en a eu un, il est impossible d’avoir échappé à certaines choses…
L’occasion s’est présentée de rencontrer le couturier Eymeric François dans son show-room du 2ème arrondissement. Un moment sympathique et prolixe autour d’un thé avec une petite interview, exclusive bien sûr, pour Gris-bleu.
Pouvez-vous présenter votre parcours, votre maison de couture ?
Eymeric François :J’ai eu la chance d’être récompensé en 2000 par le prix spécial du jury LVMH au Festival International des Jeunes Créateurs de Mode de Dinard, un prix qui a été créé pour moi par Jean-Jacques Picard avec, à la clé, l’opportunité de présenter ma première collection à Paris. Cela a été un vrai tremplin. J’avais seulement vingt-deux ans, je venais de terminer mes études. Depuis, les défilés se sont enchaînés, ma maison de couture est née. Nous sommes une petite équipe soudée, aidée par un bureau de presse extérieur pour la communication.
Je vois des robes de cocktail, de soirée, partout sur les portants, et des robes de mariée en cours d’exécution apparemment ?
E. F. : Je conserve toutes les archives de mes collections autour de moi, ce qui explique la présence de toutes ces créations. La volonté de faire des robes de mariée correspond à une orientation plus récente que nous avons prise fin 2008.
Comment travaillez-vous pour une robe de mariée ?
E. F. : C’est d’abord un travail d’écoute. Nous ne présentons rien sur catalogue, nous réalisons des robes absolument uniques. La conception est rythmée par des essayages espacés d’au moins deux semaines si possible. A la fin, nous réalisons également une housse sur mesure et offrons le dessin original de la robe à notre cliente.
Une future mariée doit-être particulièrement exigeante ou difficile, non ?
E. F. : Au contraire, la jeune femme qui arrive pour une robe de mariée a des étoiles dans les yeux. Elle n’est pas toujours habituée ou n’a pas toujours une longue expérience des maisons de couture. C’est à nous d’être exigeants pour elle.
D’une manière générale, quelles sont vos sources d’inspiration ?
E. F. : Tout ce qui tourne autour des codes de l’ultra-féminité, celle de la femme qui a des hanches, des seins, une taille dessinée. Cette féminité renvoie également aux codes des années 50 ou à ceux de la femme fatale. Mais je peux aussi être inspiré par le gothique ou le vêtement antique, et bien sûr par le style de la rue. Chaque thème de collection est une part de moi. Mais je n’oublie jamais qu’un vêtement doit mettre la femme qui le porte en valeur, sans la cacher ou l’éclipser, voilà pourquoi je ne donne pas trop dans la démesure.
Comment trouve-t-on sa place au milieu de créateurs parfois très médiatisés ?
E. F. : Ce n’est pas facile. La presse s’intéresse de moins en moins aux jeunes créateurs, le sujet n’est pas assez vendeur. En outre, quand la Chambre Syndicale de la Haute Couture intègre de jeunes créateurs au calendrier officiel des défilés, elle les laisse tomber ensuite, il y a un vrai problème de suivi et de reconnaissance à ce niveau-là. Les défilés off n’ont pas du tout la même couverture médiatique.
On parle beaucoup de la crise, comment vivez-vous cette période ?
E. F. : C’est assez effrayant, on voit les autres s’écrouler, on se sent fragilisé, avec une visibilité devant soi réduite à très court terme. D’un autre côté, c’est aussi une source de stimulation. Et puis en tant que petit, on a l’habitude de se battre, de trouver des solutions, on a une souplesse que des maisons plus grandes ont parfois du mal à trouver. Nous continuons d’ailleurs à nous investir dans différents projets. Nous participons à des opérations caritatives au profit des Blouses roses ou de l’Unicef par exemple. Nous réalisons aussi des costumes de scène pour des chanteurs ou pour le théâtre. Ce travail n’est généralement pas rémunéré mais représente un vrai plaisir de créateur et aussi un pari sur l’avenir.
Sous les pinceaux de Céline Chollet, maisons, abbayes, châteaux ou églises se reconstruisent avec minutie et fidélité sur papier. Ses aquarelles se mettent parfois en boîtes, parfois en livres, et depuis peu en blog, une bonne occasion d’aller découvrir et encourager son talent.
Et comme Céline a par ailleurs une soeur, Laura Bour, qui en a aussi, du talent, et un blog, je ne peux que vous inciter à vous promener ensuite sur ce dernier, à la découverte des superbes dessins et aquarelles que Laura consacre à la nature et aux animaux.
La double vie de Véronique, de Krzysztof Kieslowski, est un film à la beauté saisissante qui évoque un lien impalpable et mystérieux qui existe entre deux jeunes femmes identiques qui ne se connaissent pas, Weronika en Pologne et Véronique en France. Après sa mort en plein concert, Weronika “survivra” en Véronique.
Weronika, jeune chanteuse à la voix d’or, s’est brûlé un doigt lorsqu’elle était petite. Elle aime les boules de verre et souffre du cœur. Au cours d’un concert à Cracovie, elle a un malaise cardiaque et meurt sur scène. A Paris, Véronique se sent soudainement emplie d’une tristesse qu’elle ne comprend pas. Véronique chante aussi et, petite, a failli se brûler le doigt. Elle aime les balles magiques et souffre, elle aussi, du coeur…
Quand j’ai vu La double vie de Véronique au début des années 90, je me rappelle avoir été bouleversé, emporté par l’esthétisme du film, l’incroyable délicatesse d’Irène Jacob et les musiques puissamment évocatrices de Zbigniew Preisner.
A découvrir ou à redécouvrir sur Arte lemercredi 16 avril à 22h45,avec des rediffusions prévues le jeudi 17 avril à 14h55 et le mardi 22 avril à 14h55.
Pour aller plus loin :La double vie de Véronique, au cœur du film deKieslowski,Alain Martin, éditions Irenka, 2006.Avec un site internet consacré au livre et au film : doubleviedeveronique.com
L’illusion est presque parfaite de prime abord, la peinture de Walton Ford semble tout droit sortie des pinceaux de quelque ancien naturaliste voyageur. Cet artiste américain reconnu, né en 1960, peint en effet à s’y méprendre à la manière d’un Jean-Jacques Audubon. Mais son propos va plus loin que la simple représentation descriptive. Dans les scènes animalières que représente Walton Ford plane une envoûtante étrangeté faite de cruauté, d’élans mortifères et d’imminence de dangers. Les éditions Taschen consacrent à Walton Ford un très beau livre en tirage limité intitulé Pancha Tantra (voir chez Deyrolle), à l’occasion duquel l’artiste a réalisé une présentation filmée de son travail dans son studio du Massachusets :
Une douzaine d’artistes contemporains (dont Charlotte Charbonnel) explorent l’étrange et l’insolite à la galerie Defrost à Paris. Plus que quelques jours pour aller jeter un oeil, l’exposition s’achevant le 8 mars. Mais si vous jetez un oeil, n’oubliez pas de le reprendre en partant, il risquerait de finir sous cloche ou dans un bocal !
Impossible to capture
Galerie Defrost
7 rue du Vertbois
75003 – Paris
Ouverte du mardi au samedi de 14 h à 19 h
Les OGM, je n'en veux pas : pour un moratoire sur les autorisations européennes, signez la pétition de Greenpeace.
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J'entendais dernièrement une femme d'esprit, au cours d'une réprésentation de Don Juan, dire des personnages de Mozart, cette chose si juste : "Il vont très vite, mais s'ils voulaient, ils pourraient aller lentement." Soyons comme eux, maîtres de régler notre allure. Il faut être rapide, mais à condition de porter en soi un contrepoids. Pourquoi, si impatients de toute autorité, accepter sans examen la dernière en date des tyrannies ? Formulons une loi nouvelle de résistance à la vitesse. Pas d'autre pente que notre volonté. "Vérification de l'équilibre par le mouvement " écrit Claudel. La possession des richesses ne désorganise pas l'homme qui sait conserver le sentiment de leur néant.