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	<title>Gris-bleu &#187; /L/ Lectures</title>
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		<title>Les déferlantes de Claudie Gallay</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Aug 2010 13:23:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[/L/ Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Claudie Gallay]]></category>
		<category><![CDATA[Cotentin]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a la Hague, son austérité. il y a la mer, sa cruauté, sa beauté. La mer qui prend la vie, qui emporte les morts. Il y a le vent, les cris des oiseaux. Il y a Lili dans son bistrot, avec sa mère sénile. Il y a Raphaël le sculpteur, Morgane sa sœur, belle, désœuvrée. Il y a Théo, le père de Lili, solitaire, entouré de ses chats. Il y a Max, obsédé par Morgane, qui construit son bateau. Et puis Lambert, de retour pour vendre sa maison. Nan, aussi, qui erre sur la lande, que la raison abandonne. Nan qui croit reconnaître dans le visage de Lambert un certain Michel. Mais qui est Michel ?</p>
<p>Dans ce village du Cotentin, tout se sait, et tout se tait. Le silence mure les douleurs. Les vies avancent, les secrets restent. Les haines, comme des vagues, déferlent, inapaisées, inextinguibles. L&#8217;amer au cœur.</p>
<p>Comme un fil fragile, la narratrice relie les personnages. Elle est la pièce neuve du jeu. Arrivée à la Hague pour y travailler, elle y charrie aussi un deuil, une souffrance indicible, trop grande, trop béante. Alors elle aussi se tait. Mais elle va et vient entre les personnages, elle est le sauf-conduit ténu et neutre qui circule entre les haines et les silences, et qui fait, sans avoir l&#8217;air d&#8217;y toucher, bouger les lignes. Elle se glisse dans ce paysage d&#8217;âmes tourmentées, respectant les résistances de chacun pour mieux inciter la parole à surgir, en douceur, touche par touche. Le travail est lent, le chemin est long. Mais au bout, les vérités dévoilées laissent entrevoir, enfin, la possibilité d&#8217;un apaisement. Le pardon peut remplacer la haine, l&#8217;amour commencer à apaiser les souffrances. La vie continue, pas tout à fait autrement, plus tout à fait pareille non plus.</p>
<p>_______________</p>
<p><strong><em>Les déferlantes</em><br />
Claudie Gallay<br />
Éditions du Rouergue<br />
(depuis juin chez J&#8217;ai lu)</strong></p>
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		<title>Eloge de l&#8217;oiseau de Henri Brunel</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 14:59:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[/L/ Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Eloge de l'oiseau]]></category>
		<category><![CDATA[gaieté]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Brunel]]></category>
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		<description><![CDATA[
C&#8217;est un tel plaisir d&#8217;avoir des oiseaux près de moi, de mon bureau où je passe beaucoup de temps, qu&#8217;il me semble que je ne pourrais pas m&#8217;en passer. La mésange, le moineau, le rouge-gorge, le merle, la pie ou le rouge-queue donnent un ballet vif, une ronde gracieuse, dont l&#8217;occurrence familière n&#8217;amoindrit en rien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-3175" title="Henri_Brunel" src="http://gris-bleu.fr/wp-content/uploads/2009/11/Henri_Brunel.jpg" alt="Henri_Brunel" width="500" height="333" /></p>
<p>C&#8217;est un tel plaisir d&#8217;avoir des oiseaux près de moi, de mon bureau où je passe beaucoup de temps, qu&#8217;il me semble que je ne pourrais pas m&#8217;en passer. La mésange, le moineau, le rouge-gorge, le merle, la pie ou le rouge-queue donnent un ballet vif, une ronde gracieuse, dont l&#8217;occurrence familière n&#8217;amoindrit en rien le plaisant spectacle. Sa contemplation est une invite à la pause, à l&#8217;arrêt, à l&#8217;attention, au recul. J&#8217;allège mon esprit alourdi, mon corps sédentaire, en prenant ma volubile leçon de virevoltes et de légèreté.</p>
<p>Comme j&#8217;ai aimé prolonger cette leçon avec <strong>Henri Brunel</strong> ! Son <strong><em>Éloge de l&#8217;oiseau</em></strong> lui consacre le plus bel hommage qui soit. Des grives aux hulottes, des gypaètes aux chardonnerets, nous aurions bien des enseignements à tirer de leur observation avertie, à l&#8217;encontre de nos activités destructrices, de nos esprits étroits, de l&#8217;irréfléchie frénésie dans laquelle nous nous noyons. Henri Brunel raconte ainsi les oiseaux avec gaieté, sérieux, humour, élégance toujours, et une once de  nostalgie. Évoquant sa plume, celle de l&#8217;écrivain, il dit :</p>
<p>&#8220;<em>Je sens parfois des coins d&#8217;amertume qui percent comme des étocs, de-ci de-là, ma gaieté. Je n&#8217;ai plus en gorge le cri flûté de la sittelle, la vivacité de l&#8217;alouette, l&#8217;insolence du cincle. J&#8217;appuie, j&#8217;écrase ma phrase, je perds, avec les derniers restes de jeunesse, je perds la chanson d&#8217;été.</em>&#8221;</p>
<p>La chanson d&#8217;automne a pourtant peu à envier à la chanson d&#8217;été. Elle se patine de sagesse, gagne en profondeur, et fait entendre le clair son d&#8217;un art de vivre où la douceur, la simplicité, la fidélité à soi et le souvenir, font encore sens.</p>
<p><strong>Henri Brunel<br />
<em>Éloge de l&#8217;oiseau</em><br />
Arléa Poche<br />
112 pages</strong></p>
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		<title>Trois hommes dans un bateau, de Jerome Klapka Jerome</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 08:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[/L/ Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[canot]]></category>
		<category><![CDATA[excursion]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[Irish Stew]]></category>
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		<description><![CDATA[Les trois amis, George, Harris, et le narrateur du récit, sont parfaitement d&#8217;accord. Ils ont bien compris que leur état de faiblesse était la triste conséquence d&#8217;un surmenage et que l&#8217;élimination complète de tout souci était le seul remède possible. Le narrateur particulièrement, avec une courageuse lucidité, a fait le diagnostic précis de la maladie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les trois amis, George, Harris, et le narrateur du récit, sont parfaitement d&#8217;accord. Ils ont bien compris que leur état de faiblesse était la triste conséquence d&#8217;un surmenage et que l&#8217;élimination complète de tout souci était le seul remède possible. Le narrateur particulièrement, avec une courageuse lucidité, a fait le diagnostic précis de la maladie dont il se sait atteint depuis longtemps, soit  &#8220;<em>une complète aversion pour tout genre de travail</em>&#8220;. Il est admis à l&#8217;unisson qu&#8217;un changement d&#8217;air est absolument nécessaire, autant qu&#8217;une saine activité physique. Quoi de mieux dans ce cas qu&#8217;une revigorante excursion sur la Tamise en canot, pendant deux semaines, à admirer des paysages champêtres et à visiter de charmants villages ?</p>
<p>Décision prise, les trois célibataires amorcent aussitôt les préparatifs de l&#8217;aventure à laquelle Montmorency,  le compagnon fox-terrier indomptable et batailleur, ne manquera pas d&#8217;être associé.</p>
<p>La réalité se pliant rarement au rêve, l&#8217;élimination des soucis ne va pas exactement être au rendez-vous. Ramer à contre-courant, affronter la pluie ou rechercher désespérément une auberge quand l&#8217;estomac crie famine n&#8217;étaient pas à proprement parlé les doux plaisirs escomptés. Aidée par la gaucherie de l&#8217;équipage, alternant avec sa désinvolture ou sa mauvaise volonté, l&#8217;excursion se mue comme on s&#8217;y attend en comique épopée. Le canot devient galère.</p>
<p>A sa parution, en 1889, <strong><em>Trois hommes dans un bateau</em></strong> eut un succès très important. Il lui vaut aujourd&#8217;hui de survivre davantage dans les mémoires que dans les librairies, hélas. Pourtant, quel bijou que ce livre ! On s&#8217;y amuse de bout en bout. Le récit est drôle et joyeux à la fois, avec ce qu&#8217;il faut pour cela d&#8217;exagération, d&#8217;auto-dérision et d&#8217;absurdité.</p>
<p>La recette de l&#8217;<em>Irish Stew</em> concoctée par les trois héros vers la fin de l&#8217;aventure, avec l&#8217;aide du chien, vaudrait à elle seule de dénicher l&#8217;ouvrage. Comme l&#8217;assure le narrateur : &#8220;<em>C&#8217;est l&#8217;avantage de l&#8217;Irish Stew, qu&#8217;il vous débarrasse d&#8217;un tas de choses.</em>&#8221; Comme c&#8217;est l&#8217;avantage de <em>Trois hommes dans un bateau</em>, qu&#8217;il vous débarrasse de tout nuage, le temps d&#8217;une lecture enjouée et d&#8217;une entraînante promenade au fil de l&#8217;eau.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3126" title="Jerome_Klapka_Jerome" src="http://gris-bleu.fr/wp-content/uploads/2009/11/Jerome_Klapka_Jerome.jpg" alt="Jerome_Klapka_Jerome" width="311" height="450" /><em>Jerome Klapka Jerome</em></h5>
<p><strong>Jerome K. Jerome<br />
<em>Trois hommes dans un bateau</em><br />
Garnier-Flammarion<em><br />
</em>(D&#8217;autres ouvrages de l&#8217;auteur sont édités chez <a href="http://www.arlea.fr/" target="_blank">Arléa</a>)</strong></p>
<p><em><strong>Pour aller plus loin :<br />
- <a href="http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/lecture/Jeromebio.htm" target="_blank">Académie de Strasbourg</a> (Biographie)<br />
- <a href="http://www.jeromekjerome.com" target="_blank">The Jerome K. Jerome Society</a></strong></em></p>
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		<title>L&#8217;île aux trente cercueils de Maurice Leblanc</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Oct 2009 20:05:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[/L/ Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Arsène Lupin]]></category>
		<category><![CDATA[Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[L'île aux trente cercueils]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Leblanc]]></category>
		<category><![CDATA[prophétie]]></category>
		<category><![CDATA[raison]]></category>
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		<category><![CDATA[Véronique d'Hergemont]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est en lisant la mention que Rafaèle en faisait  il y a peu de temps encore dans la colonne de son blog, que je me suis posé la question : comment donc avais-je pu négliger, ignorer, oublier de lire L&#8217;île aux trente cercueils de Maurice Leblanc ? Voilà ce que c&#8217;est, on naît, on grandit, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est en lisant la mention que Rafaèle en faisait  il y a peu de temps encore dans la colonne de <a href="http://thenormandbedroom.blogspot.com" target="_blank">son blog</a>, que je me suis posé la question : comment donc avais-je pu négliger, ignorer, oublier de lire <em><strong>L&#8217;île aux trente cercueils</strong></em> de <strong>Maurice Leblanc </strong>? Voilà ce que c&#8217;est, on naît, on grandit, on vit, on aime, on travaille, on s&#8217;active et, trop occupé de ces vaines futilités,  on en oublie <em>L&#8217;île aux trente cercueils</em> !</p>
<p>Sans plus tarder je me suis donc glissé, le cœur battant, aux côtés de l&#8217;héroïne du roman, la vaillante Véronique d&#8217;Hergemont, pour la suivre au plus près dans ses terribles aventures. Certains d&#8217;entre vous aurons peut-être le souvenir, comme je l&#8217;ai moi-même, du visage de Véronique d&#8217;Hergemont, sous les traits de Claude Jade, qui en interprétait le rôle dans l&#8217;adaptation télévisée réalisée par Marcel Cravenne, diffusée en 1979. Aussi savais-je peu ou prou à quoi je m&#8217;exposais en suivant notre héroïne. Car Véronique, qui a passé quatorze ans à oublier son mariage avec le cruel comte Alexis Vorski et à affronter le deuil affreux de son père et de son fils François qui ont péri en mer, est soudain remise sur les traces de son passé par de mystérieux indices. Intriguée, elle est guidée progressivement jusqu&#8217;en Bretagne, près de l&#8217;île de Sarek, autrement baptisée île aux trente cercueils en raison des trente dangereux écueils qui la ceignent.</p>
<p>Au creux d&#8217;une étroite baie, sur la côte, Véronique tombe sur la femme qui ravitaille périodiquement les habitants de l&#8217;île en canot. Quel miraculeux hasard ! c&#8217;est de la bouche même de cette bretonne avec qui elle lie conversation, qu&#8217;elle apprend, défaillante d&#8217;émotions, que son enfant, ainsi que son père, sont en réalité vivants et établis à Sarek. C&#8217;est ainsi qu&#8217;elle embarque vers l&#8217;île austère et sauvage, bientôt théâtre de faits sanglants qui sembleront répondre à l&#8217;accomplissement d&#8217;une ancienne prophétie. Celle-ci annonce des deuils et des crimes, trente victimes pour les trente cercueils et quatre femmes en croix. Véronique aura-t-elle le temps de revoir son père ? Le fils qu&#8217;elle retrouvera, en proie apparemment à un accès de folie, est-il vraiment son fils ? Quels sont ces terribles dessins qui semblent désigner Véronique parmi les quatre futures crucifiées ? Et quelle est donc cette Pierre-Dieu qui donne vie ou mort, et qui paraît être au cœur de tout le mystère ?</p>
<p>Si vous aimez les légendes,  les dolmens, les prédictions, les menhirs,   les druides, les souterrains et les crucifixions, c&#8217;est avec Véronique d&#8217;Hergemont qu&#8217;il faut embarquer, et c&#8217;est vers Sarek qu&#8217;il faut voguer. Aucun risque de vous ennuyer.</p>
<p>Moi-même qui suis grand prophète à l&#8217;occasion, je prédis que vous en frémirez d&#8217;horreur et de plaisir. Je prédis aussi que vous serez heureusement soulagés à la fin par l&#8217;arrivée pleine de panache et d&#8217;humour d&#8217;Arsène Lupin qui, en expliquant tout, y compris le plus surnaturel en apparence, fourbira contre les ténèbres des superstitions et les dangereuses croyances, l&#8217;écho tout voltairien des bienfaits de la raison.</p>
<h3><strong>Maurice Leblanc<br />
<em>L&#8217;île aux trente cercueils</em><br />
Le livre de poche<br />
284 pages</strong></h3>
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		<title>Brooklyn follies de Paul Auster</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 08:06:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[/L/ Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Brooklyn follies]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Auster]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>

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		<description><![CDATA[
Je n&#8217;aurais pas dû me moquer du H1N1. Il faut savoir que dans la famille des virus personne n&#8217;a de l&#8217;humour. C&#8217;est un clan bourru où chacun est solidaire de l&#8217;autre à la vie, à la mort. Un vague cousin du H1N1 m&#8217;a donc sauté dessus sans sommation pour ourdir sa lente, patiente et déterminée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2942" title="brooklyn-folies" src="http://gris-bleu.fr/wp-content/uploads/2009/10/brooklyn-folies.jpg" alt="brooklyn-folies" width="500" height="333" /></p>
<p>Je n&#8217;aurais pas dû <a href="http://gris-bleu.fr/?p=2817" target="_blank">me moquer</a> du H1N1. Il faut savoir que dans la famille des virus personne n&#8217;a de l&#8217;humour. C&#8217;est un clan bourru où chacun est solidaire de l&#8217;autre à la vie, à la mort. Un vague cousin du H1N1 m&#8217;a donc sauté dessus sans sommation pour ourdir sa lente, patiente et déterminée vengeance : fièvre, toux, fatigue, mal de gorge, courbatures, rien ne m&#8217;aura été épargné.</p>
<p>Si vous m&#8217;aviez vu me traînasser avec mon bonnet de nuit et mes vieilles pantoufles, vous ne m&#8217;auriez pas reconnu. Vous auriez reconnu le bonnet, les pantoufles, mais moi non. C&#8217;est qu&#8217;à force de boire du rhum avec de l&#8217;eau, du miel et du citron, j&#8217;avais une vraie tête de grogué !</p>
<p>Alors j&#8217;ai profité d&#8217;être cloué au lit pour suivre Nathan Glass à Brooklyn. Cette incitation de lecture lue sur le blog de <a href="http://souslefiguier.blogspot.com/2009/09/carrot-cake-for-brooklyn-follies.html" target="_blank">Léna</a>, avec son aura parfumée de cake aux carottes, me semblait prometteuse et plutôt bien adaptée à mon repli prolongé sous la couette. Nathan glass, donc, narrateur des <strong><em>Brooklyn follies</em> </strong>de <strong>Paul Auster</strong>, la soixantaine fatiguée par un cancer en rémission, un divorce et une vie de labeur bien remplie, s&#8217;installe à Brooklyn pour y finir sa vie paisiblement et y écrire un livre d&#8217;anecdotes. Mais ce chemin sera quelque peu bousculé par sa rencontre inattendue avec son neveu Tom, perdu de vue depuis plusieurs années. L&#8217;oncle et le neveu vont réapprendre à se connaître et se lieront d&#8217;amitié avec le patron de la librairie où travaille Tom. Ces liens construits ou reconstruits au fil des jours, entre bons petits plats et verres de vins, vont faire renaître en chacun l&#8217;envie d&#8217;une vie meilleure. Et si cet &#8220;hôtel Existence&#8221;, ce lieu imaginaire d&#8217;une vie éloignée le plus possible des soucis et du tumulte du monde, prenait corps réellement ?</p>
<p>Sans en dévoiler davantage, l&#8217;histoire se terminera très bien. Chacun trouvera l&#8217;amour, les soucis d&#8217;argent auront disparu, les griefs familiaux seront dissipés, l&#8217;harmonie règnera et les naissances s&#8217;apprêteront à fleurir.  Une issue fleur bleue pour un livre-fable. Une histoire hautement morale, au fond, constituant son plus patent défaut : le seul personnage escroc et néanmoins sympathique du livre sera bien sûr frappé de mort foudroyante, payant dette de ses égarements malhonnêtes, tandis que les bonnes intentions de Nathan Glass semblent l&#8217;éloigner définitivement de son cancer. Quant à la parabole finale, elle est on ne peut plus limpide, et simpliste : la voie du bonheur ne se trouve pas dans l&#8217;éloignement du chaos du monde mais bien dans l&#8217;amour qui panse les plaies du passé et qui pardonne. Le bonheur ferait son meilleur nid dans la famille unie, réunie, aimante et tolérante.</p>
<p>Après des débuts plutôt poussifs et tièdes, au point que je me demande un peu avant la centième page si j&#8217;allais ou non en poursuivre la lecture, je me suis néanmoins progressivement attaché à ces personnages tentant de surmonter leurs fêlures, retrouvant peu à peu le goût des autres et l&#8217;espoir de jours meilleurs. Être soi-même sous la couette, à l&#8217;agonie, luttant pour sa propre survie, rêvant à des cieux sans nuages, sans toux, sans sirops ni thermomètres, cela prédispose sans aucun doute sérieusement à faire ami-ami avec un roman optimiste. Car même si Paul Auster n&#8217;est pas le boute-en-train de la littérature américaine, il n&#8217;en est pas non plus le pôle austère. Conserver le sourire auprès de personnages chaleureux, c&#8217;est juste très agréable. Et pardonnable, morale de ma fable à moi.</p>
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		<title>Chambres d&#8217;hôtes en amoureux, de Marie-Dominique Perrin</title>
		<link>http://gris-bleu.fr/2009/02/10/chambresdhotesenamoureuxdemarie-dominiqueperrin/</link>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 1969 22:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[/L/ Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Chambres d'Hôtes]]></category>
		<category><![CDATA[guide]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Dominique Perrin]]></category>

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		<description><![CDATA[La toute dernière sélection de chambres d&#8217;hôtes de Marie-Dominique Perrin qui vient de paraître chez Hachette a échu dans ma boîte aux lettres. A l&#8217;approche de la Saint Valentin, c&#8217;est bien sûr aux amoureux qu&#8217;il s&#8217;adresse. Rien n&#8217;interdit d&#8217;être seul néanmoins. Un ego démesuré doublé d&#8217;un narcissisme à toute épreuve peut heureusement permettre d&#8217;être amoureux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La toute dernière sélection de chambres d&#8217;hôtes de Marie-Dominique Perrin qui vient de paraître chez Hachette a échu dans ma boîte aux lettres. A l&#8217;approche de la Saint Valentin, c&#8217;est bien sûr aux amoureux qu&#8217;il s&#8217;adresse. Rien n&#8217;interdit d&#8217;être seul néanmoins. Un <em>ego</em> démesuré doublé d&#8217;un narcissisme à toute épreuve peut heureusement permettre d&#8217;être amoureux de soi-même au point de mériter amplement un week-end en chambre d&#8217;hôtes.</p>
<p>Si vous êtes amoureux à deux, avec ou sans <em>ego</em> démesuré, mais avec plein d&#8217;enfants (la meute commençant à deux), je ne vous cacherai pas que vous allez au devant de quelques difficultés logistiques. Parce que si tout le monde part en amoureux à la Saint Valentruc, il n&#8217;y aura personne pour garder l&#8217;aimable progéniture. Il ne vous restera plus qu&#8217;à abandonner la meute sur une aire d&#8217;autoroute. Projet contre lequel je m&#8217;érige évidemment de toutes mes forces. Comment pourrait-on faire une telle chose ? En effet, les enfants seraient retrouvés tout de suite et vous n&#8217;auriez même pas le temps d&#8217;arriver à la maison d&#8217;hôtes, main dans la main et regard transi, que la gendarmerie vous les aurait déjà rapportés.</p>
<p>Reste l&#8217;abandon à l&#8217;entrée d&#8217;une église. C&#8217;est plutôt passé de mode, pas vraiment &#8220;in&#8221;, mais efficace si l&#8217;église est désaffectée. Week-end tranquille garanti. La solution peut s&#8217;avérer toutefois ardue si vos enfants ont plus de sept ou huit ans : difficile de les faire rentrer dans un couffin, même avec un chausse-pied. Dans pareil cas, ne désarmez pas, avec de la volonté on arrive à tout. Puis, dans  l&#8217;un des couffins, laissez un petit mot avec une fausse adresse. Et profitez enfin d&#8217;un repos enchanteur. Enchanteur de variétés ou enchanteur de rock, peu importe, laissez-vous emporter par le calme retrouvé et par vos sentiments d&#8217;amour, comme au jour de votre coup de foudre quand vous couriez l&#8217;un vers l&#8217;autre au ralenti sur la plage, chabadabada, chabadabada.</p>
<p>Mais revenons au guide qui nous occupe : plutôt petit, maniable, bien écrit, il propose un choix de chambres d&#8217;hôtes très varié. Il y en a pour tous les goûts, et même, pour tous les goûts ! Le guide propose au début une carte de France permettant de situer les maisons sélectionnées et de réviser du même coup sa géographie.  Pas bête. On trouvera par ailleurs à la fin un index par prix, pratique également. On aurait pu souhaiter davantage de photos, mais la plupart des chambres présentées ayant un site internet complet, il suffit de quelques clics de souris pour élargir un peu leur présentation.</p>
<p>Personnellement, c&#8217;est le genre de guide qui pourrait sans doute me donner des envies d&#8217;escapades. Oui, sans doute, si j&#8217;aimais dormir dans d&#8217;autres lits que les miens. Seulement voilà, je veux MES acariens ! Eux et moi sommes comme les doigts d&#8217;une main : inséparables ! Une très fidèle amitié me lie notamment à deux d&#8217;entre eux, Clodomir et Frédégonde, de sympathiques acariens comme on a rarement la chance d&#8217;en rencontrer. Le soir, nous faisons toujours un brin de causette sur un coin d&#8217;oreiller, parlons de tout, de rien, nous racontons notre journée ou refaisons le monde, et franchement je ne vois pas comment je pourrais m&#8217;en passer. J&#8217;ai bien essayé de leur parler voyage, week-end ailleurs avec moi, mais la sanction de leur regard désapprobateur ne s&#8217;est pas fait attendre. Et le regard désapprobateur des acariens, c&#8217;est quelque chose ! Surtout quand ils froncent leurs cinq sourcils en même temps.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1002" title="marie_dominique_perrin" src="http://gris-bleu.fr/wp-content/uploads/2009/02/marie_dominique_perrin.jpg" alt="marie_dominique_perrin" width="350" height="233" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Chambres d&#8217;hôtes en amoureux</strong><br />
(Plus de 100 maisons d&#8217;hôtes et petits hôtels dans toute la France)<br />
de Marie-Dominique Perrin<br />
190 pages<br />
chez Hachette</p>
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