Au Palais Royal


Il faut de nouveau fermer les yeux en entrant au Palais Royal : les travaux de restauration des colonnes de Buren sont terminés. Remplissant l’espace autour des colonnes, un goudron noir et grossier achève la disgrâce de la cour d’honneur. Une hideur parfaite, totalitaire, certes pas nouvelle, mais requinquée.
Souvenons-nous : Daniel Buren, tel un enfant à qui l’on retire la tétine un peu brutalement, avait fait une grosse colère en 2007. Il était scandaleux que les pouvoirs publics laissent péricliter son œuvre ! Que cette dernière subisse les outrages du temps, ça non, Buren n’en pouvait plus décolérer du haut de son “droit moral” sur son œuvre, moulinant rageusement l’air de ses petits poings serrés. Il ne vitupérait pourtant pas d’un berceau. Mais la vieillesse infantile, pas plus que l’enfance, ne tolère d’affront à sa toute puissance. Ainsi glapissait Buren, s’imaginant gagner l’immortalité à travers une œuvre pérenne et dûment restaurée. Foire aux vanités, quand tu nous tiens ! Car nest-ce pas de cela dont il s’agit ?
Les glapissements courroucés et autres menaces de procès avaient en tout cas fini par être entendus de Christine Albanel, alors ministre de la culture, qui avait assuré dès la fin de 2007 qu’un plan de restauration serait lancé.
Il l’a bien été.
Pas assez loin hélas.
Pendant ce temps, autour des colonnes et du jardin , les galeries encrassées et en mauvais état nécessiteraient un entretien qui leur fait visiblement défaut. De Lermercier à Contant d’Ivry, les bâtisseurs du Palais Royal ne sont plus là pour s’indigner, s’agiter, dénoncer, menacer. C’est ballot.
Mais à notre tour ne soyons pas mesquins et réjouissons-nous après tout pour Buren : il a retrouvé sa tétine !


Paris lumières

Je m’entoure des lumières de Paris pour vous
souhaiter une très, très bonne
nouvelle année !
Néanmoins, Gris-bleu décline toute responsabilité au cas où 2010 se révèlerait pour vous calamiteux. Je crois même assez prudent de vous préparer au pire, si vite arrivé ! On croit que tout va bien, qu’on est beau, riche, heureux, en excellente santé et, tandis que s’écoule une journée anodine en apparence, une journée bien comme il faut à qui l’on accorderait toute sa confiance, le drame le plus abominable survient d’un coup. Un cheveu qui tombe, un ongle qui se casse, un rhume ou un caprice contrarié sont là les grands et sournois malheurs qui vous guetteront peut-être quand vous vous y attendrez le moins en 2010.
Sachez cela mais n’en ayez point peur. Les lecteurs de Gris-bleu sont des êtres valeureux, de forte trempe et de grande vaillance, qui sauront le cas échéant traverser ces épreuves avec leur combativité habituelle.
Vous ne me contredirez pas j’en suis sûr.




Pas à pas vers Noël



Profitant du ciel bleu qui s’offrait hier matin au dessus de Paris, je suis parti en grande randonnée. A moi la rue du Bac, la rue de Grenelle, Saint Germain des Près, le carrefour de l’Odéon, le Pont neuf, la rue de Rivoli, à moi le Bon Marché, Conran Shop, Le Grand Comptoir, Blanc d’Ivoire, Flamant, le marché aux fleurs et le BHV, en pensée tout occupé d’idées pour Noël, des idées qui, pour peu consistantes qu’elles soient encore, se précisent tranquillement.
Pour l’heure, mes rennes profitent encore d’un insouciant repos et mon traineau subit bien sûr sa révision annuelle au garage du coin. Il serait inconcevable qu’une de ses lattes de bois se brise dans la nuit du 24. Je ne peux pas me le permettre.

Quand je vois rouge

Dans le 3ème arrondissement, passage Molière, il s’est mis à pleuvoir. Un peu plus loin dans le très joli passage de l’Ancre, il a, de plus belle, plu. Ce brutal événement est survenu tandis que je me promenais nonchalamment, innocemment, sans parapluie, bavardant avec moi-même, m’entretenant de choses et d’autres et m’écoutant, fasciné, n’ayant alors nul besoin d’être détourné de mon enrichissante introspection (si j’ose le pléonasme).
Comment aurais-je pu ne pas voir rouge ?





Faune haussmannienne


Des marionnettes endiablées ont envahi comme chaque année les vitrines des grands magasins du boulevard Haussmann. Au Printemps, la Russie a inspiré des décors enneigés peuplés d’une faune à poils ou à plumes semblant contempler d’un œil curieux les humains badauds agglutinés derrière les vitres. Badauds dont j’ai fait partie le temps de quelques photos, apportant ma contribution éclatante au laid tableau vivant à ciel ouvert que nous composions. Les braves animaux n’en ont pas paru effrayés le moins du monde. La chaise elle-même est restée stoïque.




Parure d’automne

La beauté s’accommode de tout, quelle injustice ! des atours flamboyants qui font briller son éclat à la simplicité qui souligne sa pureté. Il en va des êtres comme des choses. Il en va du jardin du Luxembourg. Fardé de hautes herbes brunes et de fleurs jaunes, jonché de feuilles rousses, le voici alluré de seyante sobriété.






En sabots, sans sabots


Je me promène toujours au marché aux fleurs de l’île de la Cité avec un très grand plaisir. Dans ce concentré de verdure, je me mets comme entre parenthèses. Aidé d’un peu d’imagination, je me retrouve à la campagne, en sabots, une fourche à la main et une pâquerette aux lèvres, au milieu des vaches.
Si j’ai déjà évoqué le lieu, son charme méritait bien d’y revenir un peu aujourd’hui. Je m’y suis laissé séduire il y a peu par un romarin et une fétuque échevelée, couleur d’eucalyptus, rappelant l’allure des herbes de bord de mer.






Paris acidulé



Au détour de la rue de Rivoli, de la Madeleine et des Tuileries…
A quai

Au pied du pont des Arts est amarrée une superbe péniche qui propose des dîners croisières. Une péniche top modèle, belle sous tous les angles : je n’ai fait d’elle que des photos réussies sans en avoir le moindre mérite. Je pourrais lui en vouloir !
Au café Marly

Du Louvre la rumeur bruisse, pendant qu’au Marly le soleil glisse.














