Marie-Antoinette de Sofia Coppola
- Le 8 juin 2010
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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Les critiques ont encensé largement le Marie-Antoinette de Sofia Coppola, ce qui n’a rien pour étonner vraiment : le film ne nous renvoie-t-il pas le reflet fidèle de notre superficielle époque ? Devenue une sorte de Paris Hilton du macaron, réduite à une plate figure de l’adolescence, mue en jolie princesse de conte de fée au destin tragique, lissée, dépouillée, Marie-Antoinette y est proprement assassinée une seconde fois. Reste une « Barbie Versailles » apte à séduire les petites filles de tous les âges et les critiques à la culture légère.
Signant la vacuité du film, la bande son rock accolée aux images répercute l’incapacité récurrente de la réalisatrice à coller à son sujet, à le maintenir dans l’ancrage contextuel qui est le sien. Se borner pour ainsi dire à filmer des robes, des perruques, des fêtes et des services à thé demande il est vrai moins d’efforts que de chercher à saisir des complexités historiques pour en exploiter le ressort dramatique. Moins de talent aussi.
On se prend alors à rêver que Nina Companeez, à la place de Sofia Coppola, se soit emparée de Marie-Antoinette comme elle l’avait fait de Madame de Maintenon dans L’allée du roi, d’après l’ouvrage de Françoise Chandernagor. Le résultat en eût été infiniment plus intelligent, dense et enlevé que ne l’est cette mouture américaine inconsistante, sans saveur autre qu’esthétique.
Marie-Antoinette
De Sofia Coppola
Sur France 3
Dimanche 13 juin à 20 h 35
























