Tête couronnée







Attention, l’abus de printemps est dangereux pour la santé !
Alors que j’avais déjà mal à la gorge depuis dimanche, j’ai passé mes lundi et mardi à jardiner jusqu’au soir, semant par-ci, rempotant par-là, nettoyant, binant, plantant, taillant… C’est ainsi que je me retrouve depuis hier avec de la fièvre, un solide mal de tête et une voix d’outre-tombe. Le printemps, avec son air gentillet, n’est en réalité qu’un ennemi fourbe et implacable !
N’étant pas en mesure de savoir si je survivrai à mes inquiétants symptômes, je pense prudent de publier sans tarder les quelques photos que j’ai prises mardi à la gloire des cerisiers en fleurs. Je parle des merveilleux prunus serrulata à fleurs doubles qui sèment au vent leur neige de pétales rose pâle. Ces arbres devraient être déclarés de beauté publique et envahir bien davantage les trottoirs de nos villes. Si je me lance un jour en politique, je sais du moins qu’elle sera la priorité de mes priorités en matière de politique urbaine !
Mais j’arrête mon bavardage : je commence à tousser, il est plus que temps je crois de rédiger mon testament.





La beauté s’accommode de tout, quelle injustice ! des atours flamboyants qui font briller son éclat à la simplicité qui souligne sa pureté. Il en va des êtres comme des choses. Il en va du jardin du Luxembourg. Fardé de hautes herbes brunes et de fleurs jaunes, jonché de feuilles rousses, le voici alluré de seyante sobriété.







Faite à la manière des jumelles, une jeune fille aux traits enfantins et à la coiffe étrange est venue prendre place dans un enchevêtrement de fleurs. Trois jours de méticuleux travail entre le premier dessin sur papier, les prises de vue et la poursuite du travail graphique sur ordinateur. Plusieurs mois de jachère ensuite pour prendre du recul, avant d’apporter les derniers réglages. C’est ainsi une vérité qui éclate au grand jour : ne pas travailler, c’est travailler quand même. C’est vous dire à quel point je suis un bourreau de travail ! De toute façon, pourquoi se presser ?





Je me promène toujours au marché aux fleurs de l’île de la Cité avec un très grand plaisir. Dans ce concentré de verdure, je me mets comme entre parenthèses. Aidé d’un peu d’imagination, je me retrouve à la campagne, en sabots, une fourche à la main et une pâquerette aux lèvres, au milieu des vaches.
Si j’ai déjà évoqué le lieu, son charme méritait bien d’y revenir un peu aujourd’hui. Je m’y suis laissé séduire il y a peu par un romarin et une fétuque échevelée, couleur d’eucalyptus, rappelant l’allure des herbes de bord de mer.






Inspiration florale pour ma toute dernière réalisation numérique :

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