Éloge de l’oiseau, de Henri Brunel
- Le 17 novembre 2009
- Par Philippe
- dans Lectures
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C’est un tel plaisir d’avoir des oiseaux près de moi, de mon bureau où je passe beaucoup de temps, qu’il me semble que je ne pourrais pas m’en passer. La mésange, le moineau, le rouge-gorge, le merle, la pie ou le rouge-queue donnent un ballet vif, une ronde gracieuse, dont l’occurrence familière n’amoindrit en rien le plaisant spectacle. Sa contemplation est une invite à la pause, à l’arrêt, à l’attention, au recul. J’allège mon esprit alourdi, mon corps sédentaire, en prenant ma volubile leçon de virevoltes et de légèreté.
Comme j’ai aimé prolonger cette leçon avec Henri Brunel ! Son Éloge de l’oiseau lui consacre le plus bel hommage qui soit. Des grives aux hulottes, des gypaètes aux chardonnerets, nous aurions bien des enseignements à tirer de leur observation avertie, à l’encontre de nos activités destructrices, de nos esprits étroits, de l’irréfléchie frénésie dans laquelle nous nous noyons. Henri Brunel raconte ainsi les oiseaux avec gaieté, sérieux, humour, élégance toujours, et une once de nostalgie. Évoquant sa plume, celle de l’écrivain, il dit :
« Je sens parfois des coins d’amertume qui percent comme des étocs, de-ci de-là, ma gaieté. Je n’ai plus en gorge le cri flûté de la sittelle, la vivacité de l’alouette, l’insolence du cincle. J’appuie, j’écrase ma phrase, je perds, avec les derniers restes de jeunesse, je perds la chanson d’été. »
La chanson d’automne a pourtant peu à envier à la chanson d’été. Elle se patine de sagesse, gagne en profondeur, et fait entendre le clair son d’un art de vivre où la douceur, la simplicité, la fidélité à soi et le souvenir, font encore sens.
Henri Brunel
Éloge de l’oiseau
Arléa Poche
112 pages





















