Trois hommes dans un bateau, de Jerome Klapka Jerome
- Le 5 novembre 2009
- Par Philippe
- dans Lectures
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Les trois amis, George, Harris, et le narrateur du récit, sont parfaitement d’accord. Ils ont bien compris que leur état de faiblesse était la triste conséquence d’un surmenage et que l’élimination complète de tout souci était le seul remède possible. Le narrateur particulièrement, avec une courageuse lucidité, a fait le diagnostic précis de la maladie dont il se sait atteint depuis longtemps, soit « une complète aversion pour tout genre de travail« . Il est admis à l’unisson qu’un changement d’air est absolument nécessaire, autant qu’une saine activité physique. Quoi de mieux dans ce cas qu’une revigorante excursion sur la Tamise en canot, pendant deux semaines, à admirer des paysages champêtres et à visiter de charmants villages ?
Décision prise, les trois célibataires amorcent aussitôt les préparatifs de l’aventure à laquelle Montmorency, le compagnon fox-terrier indomptable et batailleur, ne manquera pas d’être associé.
La réalité se pliant rarement au rêve, l’élimination des soucis ne va pas exactement être au rendez-vous. Ramer à contre-courant, affronter la pluie ou rechercher désespérément une auberge quand l’estomac crie famine n’étaient pas à proprement parler les doux plaisirs escomptés. Aidée par la gaucherie de l’équipage, alternant avec sa désinvolture ou sa mauvaise volonté, l’excursion se mue comme on s’y attend en comique épopée. Le canot devient galère.
À sa parution, en 1889, Trois hommes dans un bateau eut un succès très important. Il lui vaut aujourd’hui de survivre davantage dans les mémoires que dans les librairies, hélas. Pourtant, quel bijou que ce livre ! On s’y amuse de bout en bout. Le récit est drôle et joyeux à la fois, avec ce qu’il faut pour cela d’exagération, d’auto-dérision et d’absurdité.
La recette de l’Irish Stew concoctée par les trois héros vers la fin de l’aventure, avec l’aide du chien, vaudrait à elle seule de dénicher l’ouvrage. Comme l’assure le narrateur : « C’est l’avantage de l’Irish Stew, qu’il vous débarrasse d’un tas de choses. » Comme c’est l’avantage de Trois hommes dans un bateau, qu’il vous débarrasse de tout nuage, le temps d’une lecture enjouée et d’une entraînante promenade au fil de l’eau.
Jerome Klapka Jerome
Jerome K. Jerome
Trois hommes dans un bateau
Garnier-Flammarion
(D’autres ouvrages de l’auteur sont édités chez Arléa)
Pour aller plus loin :
- Académie de Strasbourg (Biographie)
- The Jerome K. Jerome Society
Simon’s cat
- Le 15 septembre 2009
- Par Philippe
- dans Artistes, créateurs
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Les chats ne se contentent pas d’être beaux, gracieux et doux, ils ont à leur disposition un arsenal impressionnant de petits trucs pour vous rendre la vie impossible quand il veulent quelque chose, surtout lorsqu’ils ont faim, c’est-à-dire à peu près tout le temps, comme moi. Avec ses trois chats, l’illustrateur anglais Simon Tofield n’est pas passé à côté de cette évidente constatation. Il la restitue avec tendresse et beaucoup d’humour dans de petits dessins animés qu’il réalise lui-même et qui ont pour héros un chat d’une opiniâtreté à toute épreuve.
Si vous ne connaissez pas encore Simon’s cat, vous pourrez le découvrir sur le site de son auteur. Les plus ailurophiles d’entre vous (je pense forcément ici à Rafaèle) vont sûrement bien rire de ses mésaventures. Quand on a un chat ou qu’on en a eu un, il est impossible d’avoir échappé à certaines choses…
Fumiers et Cie, de Tom Sharpe
- Le 16 mai 2008
- Par Philippe
- dans Lectures
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Voici un roman que même l’éditeur ne s’est pas avisé de résumer. Je ne m’y essaierai pas non plus. Lire Fumiers et Cie c’est se laisser emporter aux côtés de personnages qui n’ont pas eux-mêmes le temps de comprendre ce qui leur arrive, dans un enchaînement de situations mené au pas de charge et en crescendo vers une fin explosive. Le roman débute à peu près paisiblement avec le jeune Tymothy Bright qui réussit dans la finance avant de connaître une faillite vertigineuse. Un soir, drogué à l’extrait de crapaud à l’initiative d’un cousin pas très bien intentionné, Timothy s’enfoncera dans la nuit à 300 à l’heure sur sa moto, pour finir par entrer, au bout de son escapade et sans s’en rendre compte, dans une maison au hasard et de s’y endormir. S’ensuivra de cet endormissement une longue série de quiproquos et de situations plus rocambolesques les unes que les autres.
L’humour est assassin, comme j’aime, et surtout très drôle. Et la plume cassante de Tom Sharpe ne s’encombre pas de limites, surtout lorsqu’il s’agit d’épingler la bêtise ou la veulerie, de brocarder l’argent facile, la corruption et les exploiteurs de tous bords.























