L’île aux trente cercueils de Maurice Leblanc
- Le 21 octobre 2009
- Par Philippe
- dans Lectures
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C’est en lisant la mention que Rafaèle en faisait il y a peu de temps encore dans la colonne de son blog, que je me suis posé la question : comment donc avais-je pu négliger, ignorer, oublier de lire L’île aux trente cercueils de Maurice Leblanc ? Voilà ce que c’est, on naît, on grandit, on vit, on aime, on travaille, on s’active et, trop occupé de ces vaines futilités, on en oublie L’île aux trente cercueils !
Sans plus tarder je me suis donc glissé, le cœur battant, aux côtés de l’héroïne du roman, la vaillante Véronique d’Hergemont, pour la suivre au plus près dans ses terribles aventures. Certains d’entre vous aurons peut-être le souvenir, comme je l’ai moi-même, du visage de Véronique d’Hergemont sous les traits de Claude Jade qui en interprétait le rôle dans l’adaptation télévisée réalisée par Marcel Cravenne, diffusée en 1979. Aussi savais-je peu ou prou à quoi je m’exposais en suivant notre héroïne. Car Véronique, qui a passé quatorze ans à oublier son mariage avec le cruel comte Alexis Vorski et à affronter le deuil affreux de son père et de son fils François qui ont péri en mer, est soudain remise sur les traces de son passé par de mystérieux indices. Intriguée, elle est guidée progressivement jusqu’en Bretagne, près de l’île de Sarek, autrement baptisée île aux trente cercueils en raison des trente dangereux écueils qui la ceignent.
Au creux d’une étroite baie, sur la côte, Véronique tombe sur la femme qui ravitaille périodiquement les habitants de l’île en canot. Quel miraculeux hasard ! c’est de la bouche même de cette bretonne avec qui elle lie conversation, qu’elle apprend, défaillante d’émotions, que son enfant, ainsi que son père, sont en réalité vivants et établis à Sarek. C’est ainsi qu’elle embarque vers l’île austère et sauvage, bientôt théâtre de faits sanglants qui sembleront répondre à l’accomplissement d’une ancienne prophétie. Celle-ci annonce des deuils et des crimes, trente victimes pour les trente cercueils et quatre femmes en croix. Véronique aura-t-elle le temps de revoir son père ? Le fils qu’elle retrouvera, en proie apparemment à un accès de folie, est-il vraiment son fils ? Quels sont ces terribles dessins qui semblent désigner Véronique parmi les quatre futures crucifiées ? Et quelle est donc cette Pierre-Dieu qui donne vie ou mort, et qui paraît être au cœur de tout le mystère ?
Si vous aimez les légendes, les dolmens, les prédictions, les menhirs, les druides, les souterrains et les crucifixions, c’est avec Véronique d’Hergemont qu’il faut embarquer, et c’est vers Sarek qu’il faut voguer. Aucun risque de vous ennuyer.
Moi-même qui suis grand prophète à l’occasion, je prédis que vous en frémirez d’horreur et de plaisir. Je prédis aussi que vous serez heureusement soulagés à la fin par l’arrivée pleine de panache et d’humour d’Arsène Lupin qui, en expliquant tout, y compris le plus surnaturel en apparence, fourbira contre les ténèbres des superstitions et les dangereuses croyances, l’écho tout voltairien des bienfaits de la raison.






















