Marie-Antoinette de Sofia Coppola
- Le 8 juin 2010
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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Les critiques ont encensé largement le Marie-Antoinette de Sofia Coppola, ce qui n’a rien pour étonner vraiment : le film ne nous renvoie-t-il pas le reflet fidèle de notre superficielle époque ? Devenue une sorte de Paris Hilton du macaron, réduite à une plate figure de l’adolescence, mue en jolie princesse de conte de fée au destin tragique, lissée, dépouillée, Marie-Antoinette y est proprement assassinée une seconde fois. Reste une « Barbie Versailles » apte à séduire les petites filles de tous les âges et les critiques à la culture légère.
Signant la vacuité du film, la bande son rock accolée aux images répercute l’incapacité récurrente de la réalisatrice à coller à son sujet, à le maintenir dans l’ancrage contextuel qui est le sien. Se borner pour ainsi dire à filmer des robes, des perruques, des fêtes et des services à thé demande il est vrai moins d’efforts que de chercher à saisir des complexités historiques pour en exploiter le ressort dramatique. Moins de talent aussi.
On se prend alors à rêver que Nina Companeez, à la place de Sofia Coppola, se soit emparée de Marie-Antoinette comme elle l’avait fait de Madame de Maintenon dans L’allée du roi, d’après l’ouvrage de Françoise Chandernagor. Le résultat en eût été infiniment plus intelligent, dense et enlevé que ne l’est cette mouture américaine inconsistante, sans saveur autre qu’esthétique.
Marie-Antoinette
De Sofia Coppola
Sur France 3
Dimanche 13 juin à 20 h 35


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Le domaine de Marie-Antoinette / 1
- Le 11 octobre 2008
- Par Philippe
- dans Ambiances
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En motifs, en fleurs, en volutes…

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Mes pieds à Versailles
- Le 9 octobre 2008
- Par Philippe
- dans Ambiances
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Je l’ai fait et je vous l’annonce en avant-première mondiale : je suis sorti avec un sac à dos ! Même pas pour une randonnée de trois jours en pleine jungle, non, dans la rue. Le safari banlieue que je m’apprêtais à entreprendre mardi m’a en effet donné la première occasion d’utiliser le sac que j’avais acheté cet été dans un moment d’égarement. Au début, ça n’a pas été simple, je me suis retrouvé à déambuler les yeux rivés au sol, avec l’impression très forte que tout le monde me regardait en se gaussant. Il me semblait entendre une atroce clameur de rires irradier les rues, secouer tout Paris, avant de se répandre à la vitesse de l’éclair dans les campagnes, partout, pour ne devenir qu’un seul et même gigantesque sarcasme. Ma veste même semblait avoir honte, elle n’avait de cesse de se faire glissante pour que l’horrible machin, que je portais sur une seule épaule, se casse la figure.
Par contre, que c’est pratique ! On peut y mettre un tas de choses : parapluie, appareil photo, boussole, machette et rations de survie de Toblerone. Epatant.
J’ai fait en revanche une erreur monumentale avant de partir, la seule bien entendu à ne surtout pas commettre : j’ai mis des chaussures neuves. De toute ma vie, jamais je n’aurais pensé pouvoir être aussi stupide, aussi sous-doué, et je suis certain que même à l’âge de trois mois je n’aurais jamais fait une telle erreur. A trois mois, j’aurais sagement conservé mes petits chaussons de laine et je serais parti en excursion dans mon beau landau bleu marine et blanc. J’étais doué à cette époque d’un sens du confort imparable. Le problème aujourd’hui est que j’ai des scrupules à sortir en landau. Je ne me l’explique pas mais le fait est là. Bien m’en aurait pris pourtant, parce que muni de mes neuves chaussures, j’ai bien dégusté. Au bout de trois heures de marche, je rampais, au bout de quatre, je suppliais les passants de m’achever. Et vous n’allez pas me croire, je n’ai trouvé personne pour me rendre ce ridicule petit service ! Un coup de carabine ou de massue, je ne demandais pourtant pas grand-chose !
En tout état de cause, j’ai pris de nombreuses photos du domaine de Marie-Antoinette que j’étais parti visiter, et puisque je suis bien rentré, pieds en sang mais vivant, vous ne couperez pas à mes meilleurs clichés ! Pour les plus inquiets d’entre vous, je tiens à préciser que mes orteils ne ressemblent plus à des cornichons flétris recouverts de ketchup, leur convalescence se passe bien, ils seront bientôt sur pieds !
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L’exposition Marie-Antoinette au Grand Palais
- Le 18 mars 2008
- Par Philippe
- dans A voir, à faire
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Après une exposition sur les goûts de Marie-Antoinette à Bordeaux en 2005, après le film de Sofia Coppola en 2006, après le docu-fiction de France 2 en 2007 puis celui d’Arte en janvier de cette année, c’est au tour du Grand Palais de consacrer une grande exposition à la vie de la souveraine, de Schönbrunn à la Conciergerie. Marie-Antoinette n’en finit pas d’occuper le devant de l’histoire et de susciter l’intérêt.
Le Grand Palais a rassemblé pour cet événement quelque 350 pièces, dont de nombreux tableaux, (de Martin Van Meytens, Joseph Ducreux, François-Hubert Drouais, Jean-Baptiste André Gautier-Dagoty ou Elisabeth Louise Vigée Le Brun) mais aussi des sculptures (Jean-Baptiste Lemoyne, Louis-Simon Boizot), des pièces de mobilier et de table (Manufacture royale de porcelaine de Sèvres), le tout venant pour moitié de Versailles, pour le reste de collections publiques ou privées de toute l’Europe. Sont également présentés plusieurs documents d’archives, dont la toute première lettre de Marie-Antoinette écrite à sa mère Marie-Thérèse.
Un rassemblement exceptionnel de pièces donc, avec le propos d’évoquer au plus près l’existence de la reine, sa vie à la cour, ses goûts et son intérêt pour les arts, de son apogée à sa chute.
Pour voir tout cela, je me suis donc glissé hier matin, à l’ouverture, dans la courte file d’attente de l’exposition. File d’attente figurant quant à elle une galerie de portraits contemporains peu ragoûtante : il y avait là de la casquette à visière, de la basket, de la voix forte, du cheveu douteux et du sac à dos ! En haillons, comme avant la Révolution !
Pour ce qui est de l’exposition elle-même, je dois dire que je ne l’ai pas trouvée particulièrement enthousiasmante. Ces éléments rassemblés ici, juxtaposés artificiellement, hors contexte, ne suffisent guère à recréer du sens et à redonner les contours d’une vie de chair et de sang. L’événement passe par définition un peu à côté de son ambition.
D’un point de vue pratique, je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai trouvé l’exposition plutôt déplaisante. Car s’il y a un minimum à faire quand on protège des pièces exposées de la lumière, jusqu’à les placer dans une forte pénombre, c’est bien tout simplement d’apposer, sous chacune, des légendes en caractères grossis, et non microscopiques ! Ce qui n’a pas été prévu. Vous avez donc le plaisir de ressortir du Grand Palais avec un lumbago et les yeux rouges, plaisir que vous devrez à l’intervention pleine d’intelligence d’un « scénographe directeur artistique » et d’un « scénographe maître d’oeuvre », sous l’égide d’un commissaire d’exposition pas plus au fait du bon sens.

Portrait de la souveraine par Jean-Étienne Liotard
* * * * *
Marie-Antoinette
Au Grand Palais – jusqu’au 30 juin 2008
3 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
Ouverture tous les jours de 10 h à 22 h et de 10 h à 20 h le jeudi.
Fermé le mardi.
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