
Avec impatience et enthousiasme je me suis rendu au Petit Palais pour y admirer les tableaux d’Eva Gonzalès (1847-1883), artiste peu connue, injustement reléguée à l’arrière-plan des peintres masculins de la fin du XIXe siècle. Unique élève d’Édouard Manet, on retrouve beaucoup dans son travail la patte du maître, parfois de manière troublante. Manet l’encourage et la soutient, tout comme le fera son mari, le graveur Henri Guérard. Eva Gonzalès aura eu paraît-il l’art d’aimer et d’être aimée, et tout dans son travail semble le refléter : on y trouve de la tendresse, du naturel, des poses relâchées révélatrices de sérénité. Jeanne, sa sœur cadette et modèle de prédilection (elle-même peintre), incarne tout cela magnifiquement, dans un environnement parfois intime rempli de lumière et de fraîcheur. L’un des portraits faits de Jeanne se détache particulièrement du reste de l’exposition tant sa composition paraît idéalement équilibrée, tant le visage de la jeune femme semble beau et doux. Il s’agit du tableau intitulé Jeune fille au réveil (ci-dessus). Un autre, L’alcôve (ci-dessous), la révélant dans l’intimité du lever, est également incroyablement délicat. Tous les tableaux d’Eva Gonzalès sont attachants. Certains, teintés d’étrangeté, semblent davantage encore l’ancrer dans la modernité comme Nounou avec enfant qui montre une gouvernante assise au milieu d’un portail ouvert, avec un enfant qui tourne le dos et une ombrelle au sol. Tout intrigue dans cette scène, jusqu’au soleil sombre qui traverse la toile sans l’éclairer.

Puis je me suis rendu au jardin du Luxembourg pour y flâner sous d’épais nuages gris. Une exposition d’un autre genre se tenait dans l’orangerie, organisée par la Fondation Nationale des Beaux Arts. La création contemporaine, lorsqu’elle est talentueuse, peut elle aussi être enthousiasmante. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les œuvres présentées. Sans compter la joie qu’on a toujours à être dans un jardin parisien comme le Luxembourg.
Le moineau :

Portrait de Jeanne Gonzalès :

Enfants dans les dunes :

À la barrière :

La promeneuse :

La plante favorite :

L’indolence :

Le catéchisme :

Nounou avec enfant :

Le goûter :

Roses dans un verre :

Les deux sœurs :

Sous le berceau, Honfleur :

Portait de Jean-Raymond Guérard, par Jeanne Gonzalès :

Eva Gonzalès au piano, par Alfred Stevens :

Petit Palais
Eva Gonzalès, parcours d’une artiste libre
Jusqu’au 24 janvier 2027



Delicieux !
Merci Philippe pour cette promenade teintées de tons pastels !!!
Une belle et douce découverte que cette talentueuse peintre
Un bien être et beaucoup de douceur émanent de ses toiles
Merci !
Très bonne fin de semaine
et à une autre fois pour de belles découvertes
Ch DANIEL
Beaucoup de sérénité et de douceur de vivre dans ces tableaux , ça fait grand bien de visualiser ces doux moments offerts par l’artiste .
D’autant plus , dans notre monde actuel si brutal …..comme c’est difficile , surtout en vieillissant .
Mon ressenti devant le tableau de l’enfant et sa « nounou » , un moment de tendresse , ce fut l’orage avant l’éclaircie …et l’enfant semble regarder un animal derrière la barrière d’un enclos ….?
Le bouquet de roses est d’une exquise beauté , tout en simplicité et sensibilité, j’aime .
Se promener au jardin Luxembourg , un rêve vécu lorsque j’étais une toute petite fille ….
A bientôt , Philippe , Hélène.
L’exposition du Petit Palais est dans mes projets avec mon passe Paris Musées.
Paris se sera calmé après la visite du pape et sera plus facile d’accès.
Très beaux tableaux très impressionnistes.
Sylvie
Quelle tendresse dans ces tableaux. Merci du partage, Je programme cette promenade ainsi que celle de Mary Cassatt au Musée d’Orsay, toutes deux visibles jusqu’en janvier 2027.
Merci
Monique
Superbe !