Paris glacial
- Le 2 décembre 2010
- Par Philippe
- dans Paris sous mes pas
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Le froid est là. Les illuminations et les décorations de Noël aussi. Les vitrines présentent leurs plus beaux atours, du moins les plus aguicheurs. Le luxe scintille, déborde. Sur les trottoirs, les clochards luttent pour survivre blottis sous de misérables couvertures, tandis que les passants courent le visage fermé. Paris glacial, Paris glacé. Paris qui donne à voir en décembre son plus sinistre visage comme chaque année inlassablement. Ce visage n’est pourtant pas l’apanage de la capitale. Bientôt Noël sera là, les familles gavées de superfétatoires cadeaux revendront ces derniers sur eBay ou ailleurs, point d’orgue d’un consumérisme inepte où l’on offre pour offrir, où la surabondance dépouille de son sens la valeur de donner et de recevoir.
Curieuse société qui fait se superposer la profusion la plus creuse, la satiété la plus vaine, à la misère la plus grande.
Difficile en ce moment de montrer Paris sous un joli jour donc. Je regarde mais ne vois rien de beau. C’est la dureté qui crève mon regard.
Bien au chaud, bien chez soi
- Le 7 mai 2010
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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Je me terre. Le retour de la fraîcheur me pousse au repli près du radiateur, m’hydratant au vin chaud. Je prends soin de moi sans lésiner : être bien hydraté est fondamental, tout le monde sait ça ! Cela me permet en outre de faire du sport tout en restant enfermé. En effet, une loi géométrique incontestable veut que la distance parcourue à pied d’un point A à un point B en titubant soit plus grande qu’en allant de ce point A à ce point B en ligne droite sous l’influence désastreuse d’une eau minérale quelconque.
Tout cela reste néanmoins très abstrait puisque je n’ai pas encore trouvé chez moi où étaient situés ces fichus points. Personne n’a pensé à mettre des croix au sol ce qui est très contrariant. Je reste donc assis, tant pis pour le sport, il attendra.
J’ai un autre motif de plainte que le retour du froid : le chat a disparu depuis une semaine, laissant vide et glacé le cœur grand que je lui ouvrais. Je deviens poétique, ne bougez pas, je reprends un peu de vin. Moi qui pensais offrir un service digne de celui d’un palace, me voici dédaigné, abandonné, délaissé, seul avec mes questionnements, mes doutes, mes remises en cause. Seul avec ma solitude. Notez bien qu’à ce stade du récit, si vous ne l’avez pas déjà fait plus haut, c’est l’occasion ou jamais de dégainer votre paquet de kleenex. Vous pouvez pleurer à chaudes larmes en me plaignant beaucoup. Cela ne fera pas revenir le chat, cela pourrait même me faire fuir, mais cramponné à mon vin chaud je n’irais pas bien loin de toute façon.
Marri de n’avoir ni point A ni point B, ni chat ronchon, ni soleil, ni chaleur donc, je contrebalance ma frustration par un état d’activité créatrice. Je sonde le grenier de mon imagination pour en extraire de la matière utile. Je rêve doucettement, me laisse aller aux ivresses chimériques. Cela aura donné cette semaine deux créations numériques dont une nouvelle Tête en l’air dans la veine de la première. Je vous les montrerai très bientôt, quand je serai certain de les avoir terminées. Bien qu’elles soient en théorie achevées. Mais sait-on jamais ?
Pour l’heure, je remonte dans mon grenier imaginaire. Les pieds légèrement décollés du sol, on y est bien. Il s’y trouve des chats, du soleil, des points A et des points B autant qu’on en veut.






















