La Princesse Angine est une petite fille d’une dizaine d’années. Elle est sale, porte des vêtements froissés et une couronne en papier doré telle qu’on en trouve chez les pâtissiers. Angine fuit le royaume de ses parents tombé en des mains ennemies et parcourt les routes à bord d’un camion-éléphant contenant le trésor de la Couronne, accompagnée de son vieux chancelier le duc des Vitamines et bientôt de Jonathan, le sage et naïf jeune homme qu’ils ont renversé sur la route. Le but du voyage : trouver refuge chez l’oncle d’Angine à Lisieux, protéger le trésor et échapper à la poursuite de leurs sombres ennemis, Gujine et Kolbetov. La route est ponctuée de nombreuses péripéties, comme la rencontre avec les effrayants frères Barbe, avec le docteur Angoiss ou avec l’extravagante et amicale Coffee, si riche que son porte-monnaie, lorsqu’elle le laisse ouvert, lui donne la migraine. Mais l’aventure dans ce pseudo récit pour enfants est d’abord poétique. L’espace et le temps s’effacent, trop anecdotiques, trop circonstanciels. L’essentiel est ailleurs, à jouer avec les mots, à construire avec eux le chapiteau d’un cirque merveilleux où ne compte plus que le spectacle enchanté et virevoltant de l’imaginaire qui transfigure la vie. Les mots donc, qui composent des lettres magiques permettant, par exemple, de déterminer pile la cuisson d’un œuf à la coque, des mots encore pour tricoter des pulls ou peindre des paysages, pour faire un inventaire en grilles de mots croisés ou bien trouver un problème à partir de sa solution. Car les mots ont un puissant pouvoir, comme celui de faire princesse une pauvre petite orpheline et chancelier un vieil ivrogne atteint de démence. On peut naître de s’autoproclamer et rendre très floue la frontière qui sépare le vrai du faux. Au final, pas de retour possible. Lorsque que le docteur Pakuff voudra leur imposer la réalité qui fait s’évanouir les rêves, Angine et Jonathan fuiront. Mais le docteur Pakuff aura tué l’imaginaire aussi sûrement que le prestidigitateur tue la magie en livrant ses tours de passe-passe. Hors de l’imaginaire pour Topor, point de salut : princesse redevenue simple petite fille, la chute sera funeste pour Angine.
J’aime beaucoup Roland Topor et j’ai adoré ce récit plein d’une inventivité souriante qui vous prend par la main pour vous emporter loin, qui chamboule les repères pour affirmer avec maestria la supériorité des lois de l’imaginaire sur celles de la réalité, mais dire aussi leur grande fragilité.
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Roland Topor
La Princesse Angine
Éditions Libretto
197 pages
26 illustrations (de Roland Topor)
Le conte a l’air superbe -comme la couverture.
Très beau résumé qui donne envie envie de lire le récit de Roland Topor. Merci pour vos conseils .
BIEN REÇU ET LU…
En lisant ton résumé on a envie d’en savoir davantage et découvrir ce joli livre.
Merci
Belle soirée
Monique
” (…) Angine fuit le royaume de ses parents tombé en des mains ennemies et parcourt les routes à bord d’un camion-éléphant…”
Alors là, on voit bien qu’on est en pleine fiction, en pleins débordements de l’imaginaire !!! On savait Topor versé dans l’extravagance fantasmagorique mais là… franchement, c’est trop ! Qui pourrait croire chose pareille ? :
Des gens obligés de fuir sur les routes à cause d’une guerre dans leur pays ????????
Il est fou, ce Topor !!!!
La couverture est en effet très attirante, et le résumé que tu fais de ce livre également. Est-ce que cela convient à une petite fille de 10 ans ?
Je ne crois pas que cela convienne à une fillette de 10 ans. Ce n’est pas vraiment un livre pour enfant.
Je cherche des avis sur ce livre avant de l’acheter.
Merci à toi
Très surprenant et drôle .
Bien sur, ce conte nous peut transporter dans un univers merveilleux, loin des barbaries de chaque jour.
C’est un auteur français? et ce livre peut être pour enfants?