De nombreuses marques de luxe ont sombré corps et biens. D’autres ont traversé des générations sans faillir ou presque et répandu dans le monde entier leur aura de rêve et d’excellence. Cela tient presque du miracle. Leurs fondateurs, souvent de modestes artisans, ont d’abord dû transcender d’incroyables obstacles pour amorcer le succès de leurs idées, leurs héritiers ont dû se battre à leur tour, traverser des guerres et des crises, créer toujours plus et toujours mieux, améliorer leurs savoir-faire et innover.
Dans Les dynasties du luxe Yann Kerlau choisit de raconter l’histoire passionnante de sept noms qui brillent encore aujourd’hui et qui se sont appuyés sur un savoir-faire précis : maroquinerie, sellerie, couture, mécanique etc. Sept sagas donc, celles de Cartier, Chanel, Ferragamo, Gucci, Hermès, Louis Vuitton et Rolls-Royces.
Quelle incroyable foi en soi il aura fallu à leurs fondateurs ! Car ces histoires qui s’enracinent au XIXe siècle sont souvent nées de la misère. On pense à Louis Vuitton, orphelin de mère et détesté par sa belle mère, qui quitte très jeune un foyer où il n’a pas sa place pour travailler comme garçon d’écurie, ravaudeur, déménageur, avant de rencontrer celui qui le formera au métier de layetier emballeur à Paris. On pense bien sûr à Chanel mais aussi à Salvatore Ferragamo dont l’histoire est peut-être la plus exemplaire en matière de volonté, de force et de solidarité familiale. L’histoire des Ferragamo est faite de larmes et de sang, de coups du sort et de renaissances. Rien ne prédestinait Salvatore Ferragamo ni ses frères à quitter la misère de leur petit village du sud de l’Italie, sauf peut-être ce rêve d’Amérique qu’avait porté leur père. Sauf aussi pour Salvatore ce désir très tôt d’être cordonnier, métier pourtant perçu comme pauvre d’entre les pauvres. Il ouvrira son propre atelier à l’âge de 11 ans…
Les fondateurs de ces dynasties du luxe ont su tracer leur chemin avec une flamme et des idées qui les ont de loin distingués de leurs concurrents, avec une vision de l’avenir, le sens des opportunités, la capacité à se remettre en selle et à transmettre la flamme à la génération suivante. Mais cette transmission n’a pas été un rempart inexpugnable quand le succès a attisé des convoitises toujours plus grandes. Dans les années 80, des brasseurs d’affaires ont su profiter d’imprudences ou de conflits familiaux pour se placer à la manœuvre d’une majorité de ces prestigieuses entreprises dont trois seulement sont restés familiales : Chanel, Ferragamo et Hermès.
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Les dynasties du luxe
Yann Kerlau
Éditions Perrin
Coll. Tempus
2016
490 pages
Ma famille avait un atelier de reliure et encadrement sur 3 générations alors les histoires de ce style qui réussissent à braver le temps, c’est tellement rares et tellement précieux à la fois !
3 générations, mais que fait la quatrième alors ?! ;-)
C’est vrai qu’il y des destins exceptionnels qui laissent admiratifs !
Et qui peuvent même donner de l’énergie.
Bonjour,
Avoir un don, du courage de la persévérance et aimer les belles matières . . .
Une belle idée de cadeau ce livre.
Amitié
Neill
Oui, c’est une bonne idée de cadeau pour qui s’intéresse à la création, à la mode et à l’histoire. Le livre est dense mais se lit très agréablement.
C’est bien de rappeler que ces êtres géniaux sont partis de rien et ont beaucoup travaillé…
À part Chanel qui n’a plus travaillé pendant son exil suisse, ils n’ont pas vraiment chômé effectivement.
et tu as bien œuvré toi-même à re-dessiner ton blog…
Amicalement,
i
C’est mon œuvre modeste de l’été ! ;-)
Ce livre arrive à point ! Je n’ai plus rien à lire…
Et comme je me sens à l’aise dans le monde du luxe, cela devrait m’intéresser. J’adore les “belles histoires…”
Bertille
On ne s’ennuie pas une seconde et c’est un livre très bien écrit en plus.
Partir de rien, et pouvoir créer quelques choses qui restera au fil des années … C’est tout simplement magnifique
Douce journée
Laurence Au Coeur d’Autrefois
Oui j’imagine, quand on est animé d’une sorte de feu sacré avec de grandes ambitions.
Être créatif et volontaire, on atteint souvent les étoiles !
Très beau récit résumant ces parcours venant de rien….
En étant seulement créatif et volontaire on atteint du moins de petites étoiles. Pour fonder des empires il faut quelques trucs en plus… ;-)
Talent, persévérance et fidélité c’est le secret.
Le génie se manifeste toujours, bien que dans un monde où tout ou presque tout, était pour découvrir était plus facile bien réussir, plus difficile aujourd’hui entre tant créateur et opportuniste!