
Le Petit Palais met à l’honneur le peintre hongrois Károly Ferenczy (1862-1917) que nous ne connaissions guère en France. Cosmopolite, cultivé, Ferenczy voyage en Italie, en France et en Allemagne, il croit aux vertus de la stimulation collective et s’installe en 1896 dans une colonie d’artistes qui travaille en plein air à Nagybánya et dont il deviendra une figure marquante.
La rétrospective respecte un ordre chronologique qui permet de se rendre compte de l’évolution de l’artiste qui aura exploré une grande variété de thèmes : portraits, scènes familiales, paysages, natures mortes, nus et scènes bibliques. Le parcours s’ouvre sur des tableaux aux teintes sourdes, minutieusement exécutés, qui ne vont pas sans rappeler son contemporain danois Vilhelm Hammershøi, style qu’il abandonnera au profit de couleurs fortement saturées, notamment dans les paysages peints à la fin de sa vie.
C’est inévitable dans une exposition aux démarches variées bien qu’issues des mêmes mains : le visiteur n’aime pas forcément tout. Ce visiteur (moi en l’occurrence) n’a pas été séduit par les motifs bibliques par exemple. Certains nus avec leurs empâtements d’huile plus grossiers l’ont également laissé insensible. J’apprécie d’un tableau que son effet ne soit pas tué par la proximité avec l’œuvre.
Autre considération qui paraîtra peut-être très frivole mais bon nombre de tableaux ont la malchance de subir de vilains cadres qui m’ont fait cligner des yeux. Si personne n’a jamais eu l’idée, pour flatter un visage, de le coiffer d’une serpillière, ce n’est sans doute pas sans raison.
Les jardiniers (1891), détail :


Jeunes garçons jetant des cailloux (1890), détail :

Au sommet de la colline (1901), détail :

À droite, Autoportrait au soleil (1900) :

À gauche, Chant d’oiseau (1893) :

La maison du forestier de Gutin (1908) :

À droite, Souvenir de Naples (dessin au fusain, 1896) :

À gauche, Portrait de József Lukács (1905). À droite, Portrait d’Olga Fialka, épouse de l’artiste (1894) :

Le mur rouge IV (1910). Un tableau que je trouve particulièrement attirant. De ce coin du jardin familial, bien que sans soleil, se dégage une grande sérénité. Ferenczy l’a d’ailleurs représenté à quatre reprises :

Matinée ensoleillée (1905), détail :

Soirée d’été (1904), détail :

Petit Palais
Károly Ferenczy, Modernité hongroise
Jusqu’au 6 septembre 2026




Bonjour Philippe, ce peintre m’était totalement inconnu. Merci pour cette rétrospective.
J’aime beaucoup « Matinée ensoleillée »…
Je te souhaite d’agréables journées au soleil, un livre à la main.
Amitiés
Vinciane
Merci Vinciane, voilà bien longtemps que je ne me suis pas vu avec un livre entre les mains. Je manque de temps tout simplement. Cela reviendra…
Merci pour ce petit reportage ; je ne connaissais même pas de nom ce peintre… La phrase avec la serpillière m’a bien amusée.
Bon été,
amicalement
Véronique
La serpillière… Une image vaut parfois mieux qu’un long discours. ;-)
Cela me fait bien plaisir de vous lire , Philippe …..
Je ne connais pas ce peintre …J’émettrai des réserves sur certains tableaux ….Normal ,me direz -vous , l’on ne peux tout apprécier !
J’aime les portraits si lumineux et les pots et plantes plus vrais que nature …Beaucoup moins les empâtements .
Je peins moi – même , en amateur et en toute modestie , c’est un loisir qui m’apporte de la sérénité , si appréciée en ces temps troubles….
Amicalement d’Hélène.
Hélène, vous avez bien raison de peindre car cela peut procurer beaucoup de bien-être (du moins quand tout se passe bien) et parfois ensuite de la fierté à voir le travail fini, correspondant à ce que l’on souhaitait.
Merci Philippe ! J’ai vu cette expo, j’avais trouvé ce peintre très singulier, sincère dans ses démarches, irrégulier peut être, en effet, un artiste engagé et humain… et qui m’étais totalement inconnu, malgré mes études en histoire de l’art…! Je suis ravie de vous relire et j’apprécie votre sensibilité, merci encore pour vos reportages…Fabienne
Heureusement que nous ne connaissons pas tout ! Laisser encore de la place pour la fraîcheur de la découverte et l’envie d’apprendre est plus efficace qu’un anti-rides ! :-)
Un petit coucou après si longtemps. Bien. Apprécié. Merci…
Ravi de vous retrouver !
Merci pour la découverte de ce peintre pour moi inconnu.
Mes deux préférés sont:
Au sommet de la colline
et
Jeunes garçons jetant des cailloux.
Bonne fin de semaine
Françoise
Il y a sans doute bien d’autres tableaux qui vous auraient plu alors, car il y en avait environ 140. J’ai dû opérer une sélection forcément subjective et partielle.
Merci pour cette visite.
Peintre très impressionniste.
Entre les canicules et une arthrose du genou gauche, les sorties parisiennes sont difficiles et rares.
Sylvie
Sylvie, je suis désolé pour cette arthrose invalidante. Quand marcher devient un souci tout se complique.
Quel plaisir de vous (re)lire cher Philippe !! Votre poésie, votre sens du détail en général (!) et de la beauté en particulier sont toujours ce qui vous définit et vous accompagne le mieux… et c’est un chemin où il fait si bon vous suivre ! Gageons que cette mi-août paisible permettra d’entrer au Petit Palais sans file interminable et, si possible à l’ancienne, je veux dire sans être obligé de préméditer son envie, en achetant simplement son billet et en entrant. Mais si ça se trouve « je vous parle d’un temps…. »
Je vous embrasse cher Philippe, donnons-nous des nouvelles ;-)
Polly, je crois que j’avais docilement (ou prudemment, mais c’est peut-être pareil)) acheté mon billet sur internet. Hélas oui, les envies sont désormais bien balisées puisqu’il s’agit de les anticiper, de les programmer au quart d’heure près ! Mort aux élans spontanés ! Ce qui permet au passage que nous nous transformions en données sur pieds.. Rien que de vous l’écrire j’en ai les cheveux qui se hérissent, les babines qui se retroussent.
Vous ne croyez pas si bien dire !! Je viens d’en faire l’expérience pas plus tard qu’il y a quelques jours : ma nièce qui vit au Mexique et de passage un peu à Paris nous a offert à toutes les deux deux heures de visite commentée à Orsay (une merveille ! avec une conférencière extraordinaire : Sylvaine Joy. J’écris son nom à dessein pour que d’autres en profitent et aussi pour qu’elle soit publiquement remerciée ;-))
Bref, je me souviens d’un temps (que les moins de 20 ans… comme je disais) où j’entrais à Orsay en sifflotant, les mains dans les poches, en revenant d’une ballade au bord de la Seine ou de quelque course ruineuse rue du Bac. J’entrais pour quelques heures ou quelques quarts d’heure selon l’envie, l’humeur, la disponibilité, j’allais me remplir l’âme et les poumons de beauté, loin des fracas du monde… Aujourd’hui, comme partout, les cordons labyrinthiques pour entrer, la queue si longue, si lente, et encore la queue pour passer sous les détecteurs qui ne détectent que ceux qui n’ont rien à cacher.
Seule, j’aurais probablement fait demi tour. Heureusement la jeunesse et son enthousiasme toujours neuf m’ont tirée par la manche et je n’ai pas regretté mais comme le besoin d’air est devenu compliqué et pesant !
PS : ma terrasse est toujours en accès libre, c’est quand vous voulez ;-)))
Ravie de vous retrouver Philippe et de découvrir ce peintre à la palette diversifiée et colorée
Revenez nous vite avec d’autres belles découvertes comme toujours !!!
Bonne mi aout en sobriété de chaleur
Chantal
Revenir régulièrement fait partie de mes résolutions du moment. :-)
Bonjour Philippe,
Tout d’abord merci pour ce retour en beauté ! Inutile de te dire que cette exposition est sur ma liste depuis fort longtemps, et qu’en en vérifiant la date de fin, il me faudra rapidement bloquer les billets. Les œuvres que tu publies sont j’imagine choisies, et elles me plaisent toutes. Pas fan du tout des peintures bibliques, même nées de la patte des grands spécialistes, sauf peut-être celles de Léonard de Vinci, je serais plutôt séduite par les scènes de vie, rurales ou bourgeoises, qu’importe, de celles qu’aujourd’hui on mitraille avec nos smartphones, mais qui autrefois relevaient du talent de l’artiste, et de la patience des sujets.
Côté encadrement, ils n’ont pas lésiné sur la dorure pour massacrer la « matinée ensoleillée ». Dommage…
Que ce joli reportage soit le début d’une longue série. A Paris, ce n’est pas l’inspiration qui manque.
Dominique
PS : il existe de très belles serpillières, mais bon, je vois ce que tu veux dire ;-)
Dominique, si tu vas voir l’expo, prend des lunettes de soleil pour t’approcher du cadre doré, ou des lunettes pour éclipse. ! Je crois me rappeler que tu aimes bien aller au Petit Palais, voilà une nouvelle occasion maintenant que les températures fléchissent.
Je ne débattrai pas avec toi à propos des serpillères mais je te promets de mieux les regarder dans les rayons des quincailleries. Il y a peut-être une injustice à réparer. ;-)