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De Deauville à Honfleur

À voir, à faire

5 Nov

Le front de mer de Deauville n’est vraiment pas beau. Les parasols colorés de la plage ayant disparus en cette saison, le charme était rompu. Mais une exposition aux Franciscaines, qui s’est achevée le 1er novembre, avait attiré mon attention : Claude Monet, des jardins en héritage. À l’occasion du centenaire de sa mort, l’exposition proposait de « faire dialoguer » des œuvres de Monet avec celles d’artistes revendiquant sa filiation. Ce « faire dialoguer » que l’on retrouve si souvent dans les présentations culturelles quand celles-ci tentent de camoufler la réalité triviale du business : un artiste connu (ici Monet, toujours vendeur) placé en tête de gondole pour appâter des gens qui seraient moindrement attirés par des artistes peu connus ou inconnus. Seulement quatre toiles de Monet, si ma mémoire est bonne, « dialoguaient » donc avec des œuvres contemporaines, certes de qualité, mais qui ne m’auront pas laissé un souvenir impérissable.

Le jour de ma visite, le ciel menaçant parait l’horizon de nuances grises. Les vastes étendues de sable, les villas et appartements nombreux à être fermés en cette fin octobre créaient un terrain favorable à la mélancolie. Je n’y ai pas succombé, mais la pensée m’a traversé qu’il fallait sans doute être solidement équilibré pour vivre sereinement dans une petite ville de bord de mer à l’année. Si je vivais près d’une plage, mes pieds seraient pour leur part très heureux (c’est déjà ça !) car je crois que je mettrais un point d’honneur à instituer une trempette quotidienne en toute saison. Vous pourriez me rétorquer que cette idée me vient alors que je suis calé contre un radiateur avec un bonnet de nuit, trois pulls, un plaid, des chaussettes de laine, un thé brûlant, une bouillotte et une écharpe. Oui, c’est vrai, et alors ? N’a-t-on plus le droit d’avoir des idées saugrenues ?

Honfleur m’aura procuré davantage de plaisir, sous un ciel tantôt gris, tantôt bleu, totalement hystérique. J’ai beaucoup aimé son petit musée d’Ethnographie et d’Art populaire qui plonge littéralement le visiteur dans le passé. Dans ces intérieurs normands reconstitués, c’est toute la vie des gens simples d’autrefois (un autrefois qui remonte jusqu’au XVIIe siècle) qui émerge de l’oubli. Meubles, vaisselle, outils, vêtements et coiffes font aussi bien qu’une machine à remonter le temps.

Salle de l’imprimeur :

La suite de mes déambulations m’a ensuite conduit au musée Eugène Boudin, bien plus grand que je ne l’imaginais. Des œuvres de Boudin bien sûr, connu pour ses scènes de plage et ses paysages marins, mais aussi d’autres artistes natifs de Honfleur ou y ayant vécu.

Arrivé au dernier étage du musée, une violente averse s’est mise à tomber. Des transats au fond de la salle permettaient de faire une pause devant une baie vitrée dominant une partie de la ville. Je me suis affalé dans l’un d’eux et j’ai sagement attendu que cesse l’importun caprice du ciel. En quittant les lieux le soleil brillait déjà tandis que les toits s’égouttaient encore. Un chocolat chaud en terrasse s’imposait, et ce fut en bordure du Vieux Bassin. Tant qu’à jouer les touristes il fallait le faire bien.

Femme à l’ombrelle assise sur la plage de Honfleur, Alexandre Dubourg :

Deux femmes dans un paysage, Alexandre Dubourg :

Scène de plage à Trouville, Eugène Boudin :

Jeune paysanne au repos, Alexandre Dubourg :

La plage et la jetée de Honfleur, Henri de Saint-Delis :

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1 commentaire

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Commentaires

  1. Marie Tayon dit

    05/11/2026 à 13:13

    Merci pour ce beau moment .
    Alors moi j’aime beaucoup le « hors saison » et la grisaille ..’. Oui je sais !!!
    Au fait votre confiture de poires !!!!un délice ..
    Je vais en faire à nouveau et ce sera des petits cadeaux de Noël …

    Répondre

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