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À Trouville, sur les traces de Marcel Proust et des souvenirs

À voir, à faire

27 Oct

Une fois inventée la peinture en tube, les peintres purent enfin quitter leur atelier armés d’un chevalet et se mettre aux prises directes avec les éléments. Et c’est la Normandie que bon nombre d’entre eux choisirent : le charme puissant des verdoyants paysages et les ciels changeants leur offraient à profusion couleurs et ressentis.

La proximité avec Paris a joué aussi bien sûr. Cette même proximité qui m’a fait élire domicile à Trouville pour quelques jours en cette fin d’octobre. Je dois mon amour de la Normandie à des souvenirs concrets autant qu’à un imaginaire facilement aiguisé. À la racine il y eut, enfant, la série télévisée Les dames de la côte de Nina Companeez que j’avais eu le droit de regarder et qui m’a profondément marqué. Je l’ai depuis lors vue et revue avec un plaisir intact. Nina Companeez y raconte les destins de femmes de tous âges et de toute condition, pendant la guerre de 14-18, en montrant notamment ce qu’aura été pour elles la vie à l’arrière tandis que les hommes se battaient au front. Après la guerre, plus de retour possible, un vent de liberté et d’émancipation avait soufflé.

Nina Companeez avait orchestré son « Autant en emporte le vent » avec beaucoup d’intelligence et une grande finesse psychologique, en s’appuyant sur un beau casting : Françoise Fabian, Edwige Feuillère, Fanny Ardant, Denise Grey, Martine Chevalier, Évelyne Bouyle, Francis Huster… et la Normandie ! Car la saga prend place dans des terres proches de la côte. Plages et pommiers en toile de fond, donc.

Puis il y eut, pendant mes études, un job d’été au cœur du Calvados qui fut le moment de la révélation. Mon père me fit découvrir la campagne, avec ses villages qui ont donné leur nom à des fromages fameux, avec ses manoirs, ses haras, ses prés d’un vert rutilant peuplés de chevaux, et son climat surprenant. J’ai le souvenir précis d’une journée, en plein mois de juillet avec un brouillard si dense qu’on n’y voyait pas à plus de 20 m. Le coup de foudre ! À cette même période mes parents me firent également découvrir toute la côte fleurie depuis Cabourg où nous passions des vacances.

Enfin, dans mon esprit comme dans l’esprit de beaucoup, la Normandie est fortement associée à Marcel Proust qui séjourna à Trouville à plusieurs reprises, au manoir Les Frémonts puis à l’hôtel des Roches Noires qu’il remplacera par le Grand Hôtel de Cabourg à partir de 1907 lors de ses villégiatures normandes. Ces lieux en formant d’autres dans À la recherche du temps perdu : Le manoir Les Frémonts servant de modèle à La Raspelière des Verdurin, l’hôtel des Roches Noires et le Grand Hôtel de Cabourg composant le Grand Hôtel de Balbec.

Ma géographie mentale était donc déjà solidement nourrie en arrivant à Trouville. Les conditions étaient réunies pour que je passe un séjour agréable, indépendamment d’une météorologie facétieuse. J’avais emporté avec moi mon optimisme, il avait pris dans ma valise la forme d’un maillot de bain. Il y est resté.

La photo de droite (ci-dessous), réalisée sans trucage, montre mes pieds barbotant dans l’eau. S’il y a bien une chose que j’aime c’est marcher sur du sable. Certes au début j’ai eu l’impression que mes orteils allaient tomber, mais en insistant un peu j’ai fini par être tout à fait bien, considérant de haut les promeneurs ridiculement munis d’écharpes, de doudounes et de capuches.

La villa Montebello à Trouville propose une exposition intitulée « Beautés météorologiques » qui met à l’honneur des artistes qui ont cherché, des Romantiques à nos jours, à représenter les lumières de la côte, ses paysages, la mer dans sa versatilité apaisante ou menaçante. À gauche ci-dessous, Coteau de Deauville, de Charles Mozin :

Sur les trois clichés ci-dessous, Les Roches Noires. L’hôtel est construit en 1866 puis la bâtisse sera vendue en appartements à des particuliers à partir de 1959. Il faut imaginer les grandes verrières qui s’étendaient à l’origine côté plage entre ses deux avant-corps en saillie. On ne se lasse pas de regarder ses façades de brique et de pierre. Tout semble parfaitement équilibré et harmonieux :

À droite, Trouville, pastel de Krystyna Kaminska (2005) :

À gauche, Jetée de Trouville à marée basse, par L. Aubey :

À droite, Falaise, mer agitée, par Charles Mozin (1853) :

Exemples d’affiches publicitaires présentées dans les collections permanentes de la villa Montebello :


Villa Montebello
61 rue du Général Leclerc, 14360 Trouville-sur-Mer

Beautés météorologiques

Jusqu’au 3 janvier 2027


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1 commentaire

« Des pommes, des poires, mais pas de scoubidou

Commentaires

  1. Josette dit

    28/10/2026 à 00:45

    Il y a 10 ans le Casino de Trouville possedait un restaurant etoile le « 1912 ». Cadre merveilleux, carte extra. Le personnel etait completement detache de ses clients. Une lenteur extraordinaire. Arrives vers 20 h, nous sommes sortis vers minuit. Avec un pareil service, il n’est pas etonnant que cet excellent restaurant a vite ferme ses portes. Quel dommage! Mais nous avons eu plus de succes au Grand Hotel de Cabourg ou un dimanche par mois, le restaurant « Le Balbec » (bien sur) offre un brunch magnifique dans ce cadre magnifique. Apres le brunch, nous avons demande a visiter la chambre de Marcel Proust. Un des directeurs de l’hotel nous a fait visiter l’endroit car personne n’avait loue la chambre ce jour-la.. Emouvant. Et du violet partout, il ne manquait plus que l’odeur des persistants lilas.

    Merci pour les belles photos, les tableaux et la decouverte d’Eva Gonzales. A quand la visite de Mary Cassatt?

    Répondre

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