Quatre heures moins dix
- Le 29 février 2012
- Par Philippe
- dans Humour-humeur, Photographie
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Je connais vos penchants, chers lecteurs, à vous laisser emporter par le galop d’une imagination délirante. Je sais, car je sais tout, qu’en regardant la photographie ci-dessus vous êtes absolument capables de voir une assiette à pain et un couteau et de penser aussitôt : « Ceci est une assiette à pain et un couteau ! » Preuve que vous sombrez dans la démence, la pure folie ! Car voyez-vous (bien que vous ne le voyiez pas encore !), la photo ci-dessus indique en fait simplement qu’il est quatre heures moins dix, que l’heure roborative du goûter approche à grandes minutes, avec ses parfums de tartines et de confiture. Et un peu de chocolat, merci.
Je vois tout à coup que votre regard s’illumine, un œil, puis l’autre, montrant que le jour, enfin, darde ses premières lueurs à l’horizon de votre conscience. Me voici un peu rassuré. J’ai eu peur de ne plus pouvoir vous calmer, de vous voir persister à considérer uniquement les choses dans leur réalité première, sous l’angle trompeur de vos sens. Croyez-moi, j’en ai frémi ! Mais, je vous l’accorde, les choses ne sont parfois que des choses, sans esprit ni sens. Ces choses-là se rencontrent beaucoup dans la décoration, mais l’art même n’y échappe pas : suffit-il d’écrire un poème pour faire de la poésie ? Je peux en parler, moi qui souvent ne fais des choses qui ne sont que des choses. Je me prévaux aussi de m’être assis dans une galerie d’art et de ne plus avoir bougé : rien n’y a fait, je me suis vaguement senti chose, mais point œuvre…
J’en suis ressorti tout chose.
Perles et papiers
- Le 26 février 2012
- Par Philippe
- dans Brocantes
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Chine d’hier :
- Des perles de verre, encore (les mêmes que là), et il y en aura d’autres la semaine prochaine, parfaitement.
- Un livre de comptes vierge. Il sent le renfermé mais je ne lui en veux pas.
- La photo d’une communiante anonyme et celle de Régine et Pierre, jeune couple de leur état. De leur état de l’époque du moins.
- Un livre, Histoire de Napoléon par Norvins. Il sent le moisi et je lui en veux quand même un peu. Est-ce que je sens le moisi, moi ?

Maîtriser…une machine à coudre !
- Le 20 février 2012
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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J‘avais à peine raconté à Noël avoir été tenté par un cours de couture d’ameublement qu’aussitôt me tombait lourdement dans les bras une machine à coudre (une Singer 7102, plus toute jeune). Depuis la chose prend la poussière, ce qu’elle fait avec un stoïcisme remarquable que j’admire d’autant plus que personnellement je n’arrive pas à prendre la poussière sans m’ébrouer de temps en temps. Ou bien il faut qu’on m’époussette.
La machine à coudre rejoint la pléthore de trucs, de machins et de bidules qui ont le pouvoir, non seulement de prendre la poussière, mais d’augmenter tous les possibles de mon imagination au travail. Je ne touche pas à la machine, mais de la savoir là, je couds dans ma tête : des taies, des housses de couettes, de coussins, des chemins de table… avec une productivité et une vitesse d’exécution incroyable. D’ailleurs, je suis sûr que vous ne me croyez pas. Vous voyez, je vous le disais !
Et puis, il faut dire ce qui est, quitte à me mettre à nu pour vous avouer, même pas sous la torture, que la machine à coudre je ne sais pas m’en servir. Je sais faire plein de choses très bien dans la vie, comme manger du chocolat ou parler pour ne rien dire, mais coudre non. Ceci dit, ça viendra, j’en prends solennellement devant vous la résolution : un jour lointain, je maîtriserai ma machine et je ferai une magnifique housse de couette. D’autres l’ont fait avant moi, il n’y a pas de raison. Du moins pas de raison autre que celle que je pourrai toujours trouver, par pure paresse, pour remettre au lendemain ma résolution. J’ai malheureusement vu qu’il y avait sur internet des tutoriels en vidéo pour apprivoiser de tels engins et je trouve qu’il est de plus en plus difficile de rester tranquille à manger du chocolat et à parler pour ne rien dire. Internet vous permet de vous mettre le pied à l’étrier pour un tas de trucs qui vont vous prendre plein de temps. Manquerait plus que je finisse par parler pour dire quelque chose !
Envie de bricoler
- Le 12 février 2012
- Par Philippe
- dans Ambiances
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Des vieux livres, des pampilles, des perles, des pieds de lit, des rubans, des papiers, des tissus, des boîtes, des peintures, des pinceaux, des fils de fer…j’ai tout ce qu’il faut sous la main pour que, hop, de mes mains naissent d’ébouriffantes créations. Le tout étant que j’arrive à regarder mon imagination dans les yeux pour lui dire : « Allez, c’est bon maintenant, tu es une grande fille, je te laisse vivre ta vie d’imagination, tu ne seras plus jamais bridée, je ne t’arrêterai plus jamais dans ton élan, c’est promis. »
Je me demande si elle y croira. C’est qu’elle me connaît bien, elle le sait que j’aime par dessus tout savoir que j’ai tout ce qu’il faut pour créer, inventer, élaborer, transformer, et n’en rien faire. Se trouver au centre d’un champ fécond de possibles, se dire que l’on pourrait faire ceci ou cela, de telle ou telle manière, avec ci ou ça, et procrastiner, voilà le plaisir ! Du moins le mien. Mon imagination, elle, sera sûrement ravie d’apprendre que j’entends davantage la laisser s’exprimer concrètement.
Je pars de ce pas lui annoncer la bonne nouvelle.

































