Les canards et moi
- Le 23 janvier 2012
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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Je traverse généralement plusieurs fois par semaine le jardin des Batignolles, toujours un peu avant neuf heures. Le jardin ouvre une heure plus tôt mais les nombreux canards qui le peuplent ouvrent alors à peine un œil, ou dorment encore la tête vissée dans les plumes.
Quand je passe en revanche tout le monde est réveillé. Sauf moi qui ne le suis pas tout à fait, mais ceci est un autre sujet. J’aime contempler la vie du parc quand, égoïstement, elle ne semble là que pour moi. Alors je m’arrête, la paupière lourde et la bouche bée, et j’embrasse d’un regard paternel la faune des lieux. Il y a les vieux couples de canards tranquilles, un peu à l’écart, il y a les jeunes fougueux qui jouent, les acariâtres qui se disputent pour un oui ou pour un non, les maniaques de la toilette. Il y a aussi la bimbo de choc, la vamp du coin, toujours poursuivie par trois mâles enamourés. Parfois, un peu agacée et toujours très coquette, elle accélère le pas pour distancer ses prétendants, buste en avant, on dirait qu’elle porte un Wonderbra ! Il y a aussi quelques mouettes égarées qui voudraient bien se faire passer pour des canards mais qui ne trompent personne, pas même moi avec mes paupières lourdes.
On aperçoit encore, ici ou là, des poules d’eau avec leurs grandes pattes fortes. Au printemps, leurs poussins sont ridiculement adorables : minuscules avec déjà de grandes pattes d’adulte. Je ne peux pas m’empêcher de me moquer un peu quand je les vois, ce qui me vaut généralement un regard noir de la mère, surtout quand ses petits la rattrapent pour lui dire : « Maman, dis, pourquoi il rit le monsieur, pourquoi, dis ?
- Eh bien, répond la mère, parce que c’est un grand benêt mal réveillé qui ferait bien de se regarder dans un miroir avant de se moquer des grandes pattes des autres ! »
Voyage en nuage
- Le 9 janvier 2012
- Par Philippe
- dans Mes illustrations
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Création numérique
Quelle plus belle expérience que de survoler le monde sur un nuage enneigé ? Plus distinguée que le saut à l’élastique, plus voluptueuse que le parapente, plus douce que le parachute, une aventure imaginaire unique et exaltante à en perdre la tête.
Détails :


Une nouvelle année, encore une !
- Le 4 janvier 2012
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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Cela pourrait devenir lassant. Depuis 1564, chaque 1er janvier, nous voilà avec une nouvelle année sur les bras, ce qui semble nous réjouir beaucoup. Être une année ne doit pas être facile tous les jours : à votre naissance vous êtes jovialement fêtée, investie d’espoirs, et 365 jours plus tard on vous jette comme une vieille chaussette pour en acclamer une nouvelle qui ne fera sans doute pas mieux que vous, qui fera même, vraisemblablement hélas, moins bien. Les années qui passent semblent en effet annoncer de plus en plus précisément des lendemains qui chanteront faux ou qui chanteront carrément mal, ou plus du tout. Des lendemains aphones pour lesquels nos concerts de « bonne et heureuse année » n’auront rien changé.
Nous marquons collectivement notre espoir de jours meilleurs pour nous tous et pour ceux que nous aimons, nous espérons éviter les peines, les maladies, les souffrances et les deuils, nous communions autour du souhait d’échapper, le temps d’un délai supplémentaire, aux affres de la vie, et cela est bien naturel. Qui rêverait de s’offrir une longue maladie invalidante et une banqueroute après la perte d’un être cher ? Personne, et surtout pas moi qu’un simple mal de gorge terrasse ! Permettez-moi de faire d’ailleurs ici un bref aparté en me souhaitant, personnellement, une TRÈS bonne et TRÈS heureuse année 2012 ! Merci.
Donc oui, ces souhaits sont bien naturels, mais il sont aussi tout à fait dérisoires. Un simple rite qui ne fait bien que son louable métier de rite : nous relier à l’occasion de ce que nous nous représentons comme un passage. Mais pour ce qui est de notre monde tourmenté, nos « bonne année » lui font une belle jambe ! Il suffit de déciller nos paupières : augmentation des prix due au début du déclin des réserves mondiales du dieu pétrole, chômage grandissant, appauvrissement catastrophique des sols arables partout dans le monde par une agro-industrie biocidaire, privatisation des semences par de grands groupes chimiques et céréaliers, augmentation exponentielle des cas de cancer, pollution des mers et des nappes phréatiques, folie d’une économie spéculative mondialisée aux mains des banques et déconnectée des échanges réels, pillage des ressources planétaires par un « petit » nombre qui, non content d’avoir énormément, montre une insatiabilité qui ne paraît pas avoir de limite. Et je ne vous parlerai pas de Fukushima. Je suis l’actionnaire majoritaire de Gris-bleu, sans accointance aucune avec les sphères du pouvoir, en somme je suis libre, mais je sens bien que cela pourrait, éventuellement, ruiner l’atmosphère guillerette et bon enfant qui régit ce texte festif, et notamment ce badin paragraphe. Alors je vais faire comme nos principaux médias : enterrer tout ça.
Que vous souhaiter donc, que NOUS souhaiter pour que nous ayons devant nous une bonne, heureuse et digne année 2012 ? Certes de la joie, du plaisir, une santé de fer, mais aussi une conscience éveillée, un esprit critique affûté, un zeste, sinon deux ou trois, d’irrévérence, beaucoup d’humour, des lectures à foison, un peu de mesure, un brin de sobriété, des rêves, de l’imagination, du gris, du bleu, bref, tout pour une année lucide et légère !
Mon Noël
- Le 29 décembre 2011
- Par Philippe
- dans Humour-humeur
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On met son téléphone portable là où l’on est certain de ne pas l’entendre, on ne s’autorise que cinq petites minutes de connexion à Internet par jour et l’on passe plein d’agréables moments en famille, au présent, sans interférences.
Paris était loin, les hautes herbes humides avaient remplacé le bitume sale. Mes deux jambes, ravies, ont pu gambader librement sous un beau ciel bleu, ce qui leur a fait énormément plaisir.
Et bien que mon rêve de grasses matinées n’ait pas été exaucé (le chat de la maison avait décidé que je ne devais pas dormir le matin, un point c’est tout), je suis de retour à Paris plus reposé que je ne l’étais avant de partir : le calme et la beauté de la nature font d’excellents thérapeutes !


Framboises et chantilly
- Le 22 décembre 2011
- Par Philippe
- dans Ambiances
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Des framboises congelées, même décongelées, n’auront jamais le goût parfait de celles que l’on aura cueillies par une chaude matinée d’été à même un framboisier. Alors on les agrémente de fromage blanc sucré, d’un peu de confiture de fraise et de chantilly pour se dire que, finalement, tout ça n’est quand même pas mauvais du tout. Un semblant d’été en hiver pour moi qui aime si peu cette période de l’année faite de visages gris, de cieux sombres et de surconsommation.
Mais demain, plus besoin de framboises, je voguerai vers Noël en rêvant de grasses matinées et de repos. Le père Noël me les accordera-t-il ? Si je me pose la question c’est que j’ai remarqué une chose : le bonhomme n’est pas toujours très fiable !


Passez de très bonnes fêtes ! Je vous dis à bientôt.
Paris pour les hommes, de Thierry Richard
- Le 19 décembre 2011
- Par Philippe
- dans Lectures
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Le goût de Thierry Richard pour les bonnes et belles choses est communicatif, ses appétits littéraire et gastronomique ont en phrases le verbe arrondi, l’adjectif caressant et juste. Il faut lire ses Chroniques pour arrêter le galop du temps. Elles tiennent sans faillir leurs promesses de plaisir. On campe un décor, ici une lumière, là une assiette ou un livre. L’ombre d’Épicure glisse doucement à votre oreille le don et la manière de conjuguer le bonheur en partage.
Ce qu’il fait avec talent sur son blog, Thierry Richard le prolonge depuis peu aux éditions du Chêne grâce à son Paris pour les hommes, un livre pour voyager le nez au vent d’un Paris aimé, au gré de ses adresses favorites et des menues occasions qui nous sont offertes de ponctuer d’évasion nos journées bousculées. On ouvre les yeux, on ralentit le mouvement, à peine, que déjà le plaisir buissonnier montre son chemin : la course des nuages, Paris qui s’abandonne à la nuit, une silhouette qui passe, un parfum, un dimanche entre amis… L’art des chemins de traverse, en somme, qui fait la vie plus belle.
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Thierry Richard
Paris pour les hommes
Éd. du Chêne
2011
156 pages
Illustrations : Aseyn
Photographies : Juliette Ranck






















