Bright Star, la leçon de beauté

Les muses ne titillent pas seulement les poètes. Lorsqu’elles décident de s’occuper ailleurs, elles s’attablent avec Jane Campion.
Bright Star, qui relate la rencontre amoureuse du jeune poète romantique John Keats avec la plus jeune encore Fanny Brawne, est un film parfait et magnifique. Il nous grise de délicatesse, nous enivre de beauté. On se laisse glisser dans Bright Star comme on entrerait dans une eau douce et obscure. Nous voici reliés aux amants avec volupté, pris au souffle de la passion, dans les regards, les attentes, la retenue, les frôlements et les silences qui donnent à l’amour sa grandeur.
La grâce a le mouvement doux, le contour délié. La frénésie et la vitesse sont ses ennemies déclarées. Jane Campion en fait ici un remarquable rappel.
Bright Star
de Jane Campion
dans les salles depuis le 6 janvier
avec Abbie Cornish et Ben Whishaw
Gris-bleu dans Antiquités pratique

Je suis généralement plus enclin à poser des questions qu’à répondre à celles qui me sont posées. J’ignore d’ailleurs effrontément celles que je me pose tous les jours : où vais-je ? que fais-je ? pourquoi vis-je ? reste-t-il assez de pain pour ce soir ?
Mais je sais heureusement faire des exceptions. Vous en aurez une illustration dans le numéro qui vient de paraître du magazine Antiquités pratique qui consacre à Gris-bleu, côté brocante, un grand reportage de huit pages, avec photos, interview et extraits bloguesques.
Bref, si vous aimez chiner, et si vous appréciez Gris-bleu, je dirais avec une logique relativement imparable que cela peut constituer deux solides raisons de vous précipiter en kiosque à cheval, en avion, à pied ou en trottinette.

Antiquités pratique
Maison, déco, brocante…
Numéro 3 - mars/avril
98 pages
Cure de kumquats

Ce week-end, j’ai testé les kumquats.
Ce petit agrume exotique qui se mange avec la peau a l’air inoffensif, mais seulement l’air. Avec son goût acidulé, vos papilles réveillées manu militari se mettent aussitôt à danser la samba. C’est carnaval à tous les étages et vous voilà plein de peps.
Du coup, je me suis mis en tête d’acheter un kumquat en pot, m’imaginant en kumquaticulteur heureux, récoltant des paniers entiers de ces petits fruits orangés. Le fleuriste du coin en proposait mais j’ai douté d’un seul coup de jamais obtenir à Paris, sans serre à disposition, la production de mes rêves. Je me suis donc abstenu.
Le kumquat ne manque pourtant pas d’atouts. Il est moins fragile que les autres agrumes et on peut le voir déjà fructifier sur de jeunes pieds ce qui est plutôt bon signe : pas besoin d’attendre cinquante ans avant que le kumquat génère !
Pêle-mêle


Que fait un blogueur dans un moment où il n’a pas beaucoup de temps pour son blog ?
Il pioche dans ses archives photos et compose un pêle-mêle.
Le pêle-mêle impromptu, sans queue ni tête, sans autre justification que lui-même, et d’une vacuité confondante, est le meilleur ami du blogueur au dépourvu.



Exercice

Dessin sur papier au crayon et à la sanguine, puis “peinture” à la tablette graphique.
Carnet d’inspiration / janvier
Le principe : retenir du mois écoulé quelques images, les
principaux moments liés à mon blog…

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The soldier of love
Elle est discrète, belle, sympathique et singulière. Sa voix est reconnaissable entre mille. Sade a traversé les années fidèle à son style, faisant fi des modes quand tant d’autres s’aplatissent devant elles, distillant ses chansons douces ou mélancoliques avec élégance. Comment se lasser de l’écouter ? Sade échappe au temps, les années passent, ses chansons restent, intactes. J’aurais pu pourtant les user à moi tout seul !
Le nouvel album de Sade, intitulé The soldier of love, sortira le 8 février. On peut d’ores et déjà voir le clip de la chanson (que j’aime déjà !) qui donne son titre à l’album sur son site officiel. Plus que quelques jours d’attente en tout cas avant de découvrir la totalité de cet opus concocté avec ses acolytes et amis de toujours : Andrew Hale, Stuart Matthewman et Paul Spencer Denam.
Mes oreilles s’en frottent déjà les lobes !
En attendant, ne nous refusons pas un petit retour en arrière, d’abord en 88, puis en 92 :
Le champ d’iris

Cette dernière création numérique mérite son nom puisque je n’ai travaillé sur ordinateur qu’à partir de gravures numérisées et de photos personnelles. J’utilise depuis trois semaines une tablette graphique qui me permet de délaisser ma souris pour un stylé stylet. Je peux dessiner sur la tablette comme je le ferais avec un crayon sur une feuille, ce qui ouvre un horizon plus large de possibilités créatives, de précision et de rapidité. J’ai donc enfin terminé ce “Champ d’iris” commencé il y a plus d’un an en apportant les dernières touches au visage du médaillon et aux fleurs qui l’entourent.
Libérée de la souris, ma main retrouve un enthousiasme bon enfant qui fait plaisir à voir. Elle serpente, tournoie, danse et virevolte avec légèreté. Quel émouvant spectacle !
Détails :


Au Palais Royal


Il faut de nouveau fermer les yeux en entrant au Palais Royal : les travaux de restauration des colonnes de Buren sont terminés. Remplissant l’espace autour des colonnes, un goudron noir et grossier achève la disgrâce de la cour d’honneur. Une hideur parfaite, totalitaire, certes pas nouvelle, mais requinquée.
Souvenons-nous : Daniel Buren, tel un enfant à qui l’on retire la tétine un peu brutalement, avait fait une grosse colère en 2007. Il était scandaleux que les pouvoirs publics laissent péricliter son œuvre ! Que cette dernière subisse les outrages du temps, ça non, Buren n’en pouvait plus décolérer du haut de son “droit moral” sur son œuvre, moulinant rageusement l’air de ses petits poings serrés. Il ne vitupérait pourtant pas d’un berceau. Mais la vieillesse infantile, pas plus que l’enfance, ne tolère d’affront à sa toute puissance. Ainsi glapissait Buren, s’imaginant gagner l’immortalité à travers une œuvre pérenne et dûment restaurée. Foire aux vanités, quand tu nous tiens ! Car nest-ce pas de cela dont il s’agit ?
Les glapissements courroucés et autres menaces de procès avaient en tout cas fini par être entendus de Christine Albanel, alors ministre de la culture, qui avait assuré dès la fin de 2007 qu’un plan de restauration serait lancé.
Il l’a bien été.
Pas assez loin hélas.
Pendant ce temps, autour des colonnes et du jardin , les galeries encrassées et en mauvais état nécessiteraient un entretien qui leur fait visiblement défaut. De Lermercier à Contant d’Ivry, les bâtisseurs du Palais Royal ne sont plus là pour s’indigner, s’agiter, dénoncer, menacer. C’est ballot.
Mais à notre tour ne soyons pas mesquins et réjouissons-nous après tout pour Buren : il a retrouvé sa tétine !


Mon Schlumbergera


Événement sur Gris-bleu. Je vous offre de regarder, de contempler, d’admirer des fleurs sèches de Schlumbergera. Le Schlumbergera, autrement appelé Cactus de Noël, est une plante idéale. Il vit très longtemps, pousse lentement mais sûrement, se bouture facilement et s’entretient gentiment. Dès novembre de chaque année il se met à arborer de petits boutons roses clairs qui finissent par donner une superbe floraison juste avant Noël.
Le mien officie avec une précision métronomique parfaite dont je lui sais gré. Arriver en retard à sa floraison est l’une des plus grandes impolitesses qu’une plante puisse commettre. Notez que je ne vous parle pas ici de n’importe quel Schlumbergera, de ceux qui sortent dont on ne sait bien où, mais de celui de ma grand-mère dont je m’occupe depuis plusieurs années maintenant. Il sait ce qu’être à l’heure veut dire. Ensuite, lorsque le Schlumbergera en a par-dessus la feuille de voir tout le monde s’esbaudir devant tant de beauté, il décide tout bonnement que ça suffit comme ça. Il fait sécher ses fleurs et les laisse tomber comme de vieilles chaussettes.
Mon sens de l’observation concurrençant celui d’une taupe, je n’avais jusqu’à présent jamais accordé d’attention à ces jolies fleurs sèches qui partaient à la poubelle sans un regard. Heureusement qu’il m’arrive parfois d’ouvrir les yeux. Je remarque d’ailleurs qu’ainsi je me cogne beaucoup moins partout, ce qui est un avantage à prendre en compte, et je peux surtout enfin porter à votre attention cette révélation d’une profondeur rarement atteinte : une beauté peut en cacher une autre !















